Recherche personnalisée

Aphrika

Permettre aux Africains de se retrouver autour d'une histoire commune, fédératrice de solidarité et d'amour mutuel.Revaloriser notre culture et nos valeurs et traditions Africaines.

13 décembre 2009

Le pantalon de Saa Ndiogou

Saa ndiogou avait beaucoup  de mamans, comme beaucoup d’enfants Africains, à tel point qu’il ne savait pas laquelle était sa vraie mère,  ce qui n’avait d’ailleurs que peu d’importance  à ses yeux. Il appelait maman toutes ses tantes.

Ce matin là, Saa ndiogou se réveilla avant le chant du coq. Il se réveillait de plus en plus tôt à l’approche de la fête du village. Car  il était très excité. La place du village était remplie de monde à l’approche des fêtes, les commerçants venus d’ailleurs étalent leur riches marchandises sur la place centrale du village. Les femmes rivalisent à qui aller s’octroyer l’étoffe la plus chatoyante, les plus beaux bijoux, les plus belles sandales, et les plus belles tresses. Saa ndiogou ne voulait pas rater  cette belle ambiance  pour rien au monde.

Pendant qu’il prenait sa bonne  bouillie de mil au pain de singe (fruits du Baobab) dans la case de sa grand-mère,  ses tantes qui passaient dire bonjour à leur mère lui demandaient :

< Saa ndiogou, as-tu pris ta tenue de fête chez le tailleurs ? n’oublie pas Hein, c’est demain la fête ! il faut que tu soit le plus beau mon fils ! >

et grand-mère de répondre :<Mais oui bien sûr que mon petit mari (Saa ndiogou) sera la plus beau, comme d’habitude.>

Au milieu de la journée, Saa ndiogou enfin alla chercher sa tenue chez le tailleurs, Ndiawar, et oublia de l’essayer, pressé qu’il était d’aller rejoindre ses amis, pour courir à travers champs, et aussi flâner parmi ces multitudes d’étalages  coloriés du marché : il n’y avait pas toujours fête au village et il fallait en profiter.

Saa ndiogou arriva enfin dans sa concession familliale à la tombée de la nuit. Il essaya sa belle tenue en raphia,  brodées de belles figures et motifs Africains, noirs et beiges. Mais malheureusement, le pantalon était trop long. Il se dit que c’est mieux que s’il était court : de toute façon, ses mamans vont lui réparer ça.

  Il alla demander donc à tante Woré : maman, peux-tu s’il te plait me raccourcir mon  pantalon neuf , il est vraiment trop long.  Maman Woré lui répondit : mais mon chéri, je suis très fatiguée avec tous les mets que j’ai préparé pour la fête de demain,  il fallait le demander plus tôt ! de toute façon je verrai.

Il demanda à toutes ses mamans : Tiaba, Dibôr ,  Déguène, Raki, Mbossane et reçu la même réponse.

Il décida de se coucher et s’endormit finalement en rêvant de sa belle tenue, et de l’effet que cela fera sur sa meilleure amie, et peut-être future fiancée, quand ils seront grands, Mbarka, .

  Grand-mère Ouly, qui avait entendu son petit mari chercher de l’aide se réveilla au milieu de la nuit et se dit : mon pauvre chéri,  je vais lui raccourcir son pantalon, comme cela il sera agréablement surpris demain matin. Elle pris ses ciseaux,  coupa le pantalon,  refit l’ourlet, puis alla se recoucher.

Un peu plus tard, Thiaba se réveilla et pensa : mon pauvre bébé,  je vais lui raccourcir son pantalon comme il me l’a demandé. Elle aussi coupa le pantalon et refit l’ourlet.

Woré, Dibôr, Déguène, Raki et Mbossane, firent de même.

  Au petit matin, Saa ndiogou se réveilla tout content : le jour tant attendu est enfin arrivé. Après avoir pris sa bouillie de manière précipitée, il alla chercher son pantalon, pour voir s’il avait été raccourci par ses chères Mamans : quelle ne fut sa surprise de voir qu’il lui arrivait maintenant au genou. Il se mit alors à pleurer. Toutes ses mamans et grand-mère Ouly  accourent et virent le spectacle : le pantalon était devenu un caleçon.

Elles entonnèrent toute en cœur : <pardon doudou, c’est parce nous voulions que tu soit le plus beau ! >

Saa ndiogou, s’ arrêta de pleurer, réconforté par tant de solicitudes et se dit en riant qu’ il n’ y a pas que des avantages à avoir beaucoup de mamans. Tant pis, la fête sera quand même belle, même si elles ont oublié que je grandis !

Garab buy magg, kenn du ko yek ! (Wolof)  Pour dire que <Lorsque l’arbre pousse, personne n’est au courant>

Posté par NGLAYE à 14:05 - Jeunesse:Contes d'Afrique - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Joli récit !

    Est-il de toi ce récit ? Il est bien joli.
    Cela fait un moment que je me demandais pourquoi il y a rarement du nouveau sur ton blog. Est-ce un problème de temps ? Moi aussi j'ai abandonné le rythme de 3 à 4 publications mensuelles depuis quelque temps.

    Posté par St-Ralph, 13 décembre 2009 à 18:49
  • Bonjour Raphael,
    ce message est de moi . Mais l'histoire de Saa Ndiogou ou la panatlon de Moriba est bien connu de beaucoup d'Africains.Je ne me rappelait plus du conte, donc j'ai raconté une autre histoire autour du pantalon de Moriba, pour toujours valoriser le mode de vie communautaire Africain. Mais je n'ai plus beaucoup de temps avec les tracas de la vie. Mais je suis toujours toujours aussi engagée et Afro-orienté! Je viens toujours lire ton site, même si je laisse pas de comentaire, pour l'instant.
    Merci.

    Posté par AÏDA, 14 décembre 2009 à 13:44
  • fdzbzdfn

    thank you !

    Posté par links of london, 27 novembre 2010 à 03:06

Poster un commentaire