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Aphrika

Permettre aux Africains de se retrouver autour d'une histoire commune, fédératrice de solidarité et d'amour mutuel.Revaloriser notre culture et nos valeurs et traditions Africaines.

12 octobre 2008

Républiques noires et démocraties

Haïti, découverte en 1492 par Christophe Colomb fut occupée tour à tour par des espagnols, puis par les Français. Après avoir exterminé  les Amérindiens, les Européens  eurent l’autorisation en 1517, par le roi Charles Quint, d’y déporter des captifs Africains afin d’en faire des esclaves.

Après 3 siècles d’esclavage, régit par le code noir sous Louis IV , eu lieu la révolution Haïtienne, de 1791 à 1803, avec la révolte des esclaves.

  En 1793, l’esclavage fut abolie, avec la révolte des esclaves. Haïti devint alors la première république à rendre effective l’abolition de l’esclavage.

Toussaint L’ouverture, premier général noir, qui chassa les Français et les anglais, rétablit la paix.  Il fut nommé gouverneur par la France. Pour avoir voulu l’indépendance de Haïti en proclamant une constitution autonomiste, il fut arrêté et déporté. L’île fut envahit par des soldats de Napoléon pour rétablir l’esclavage. Mais l’armée des esclaves menée par  Jean Jacques Dessalines massacra l’armée de Napoléon Bonaparte.

L’indépendance d’ Haïti fut proclamée le 1er Janvier 1804.

La république Lébou(1): Les Lébou , dont les Woloff (ethnie du Sénégal)constitue une composante, seraient venu de l’Egypte, en passant par le Nil, le Sahara, le royaume du Wagadou dont ils participèrent à l’édification, le Tekrour, puis le Walo, le Djolof pour s’installer dans la presqu’île du cap-vert (Dakar).

C’est sous le règne du roi Amari Ngoné Mbengue, après un coup d’état perpétré par son neveu Djadja, appélé aussi Ndiadjan N’diaye, qu’eu lieu l’exil qui les conduisit au Cap-vert.

Amari N’goné Mbengue accompagné de sa famille, de ses parents et compagnons demeuré fidèles s’exila dans le Cap-vert, après avoir consulté ses Tuur (mânes ancestrales) qui lui indiquèrent l’endroit, prospère, vers 1569. Ils leur firent (aux Tuur), alors le serment d’accueillir tout fugitif, d’où le nom de Ndakaru « Dakar », qui est une déformation de «  Deuk Raw » qui signifie, « installé-sauvé », d’où le nom de pays de la Téranga (accueil, honneur) donné au Senegal.

C’est ainsi que des immigrants affluèrent de toute  les régions du Sénégal, plus tard, fuyant  l’esclavage, le despotisme des rois païens et les guerres tribales.

  Après l’éclatement de l’empire de l’empire du Djolof en 1549, les différents Damel du Cayor eurent comme ambition d’annexer la presqu’île du Cap-vert. (Dakar).

Ceci poussa les Lébou à s’organiser et à riposter aux différentes attaques des guerriers Tiédos. ( païens) .Ils durent se réunir et s’organiser  et leur  infligèrent des ripostes cinglantes. La dernière bataille qui les opposa au Damel Amary Ngoné Ndella Coumba  qui prit fin en 1790 marqua la naissance de la république Lébou, obligeant les Damel à faire la paix et à reconnaître leur indépendance.

  La peur de tout pouvoir despotique les poussa s’organiser ainsi :

v     Trois personnalités sont  élues par le collège des grands électeurs :

n      le Serigne Ndakaru , président de la république

n      le Ndéy dji Rèw, premier ministre

n      le Ndéy Djambour, président de l’assemblé des vieux, les sages, (les Djambour en Woloff)

v     Six ministres sont, nommés par le Serigne Ndakârou, après concertation avec les autres dignitaires

n      Le Diaraf, ministre des finances et de l’agriculture

n      Le Saltigué, ministre chargé de la sécurité intérieure et extérieure

n      Le khali, ministre de la justice

n      Le Barquêtie, misistre de la pêche

n      Le Ndéy Dji fré, président de l’assemblé des jeunes députés.

L’assemblée législative était composée de 36 sages (âgés de plus de 50 ans), choisis dans les 12 villages ( pinthie) de Dakar, 3 par quartiers, et des Fré, jeunes élus,  au nombre de 48 ( 4 par quartiers).

Le conseil d’état était composé de 7 kilife, vieux sages. Tous les digitaires étaient démocratiquement élu et pouvaient être destitué à tout moment. Toutes les décisions étaient prises après concertation.

Le fonctionnement de ce gouvernement était régi par des règles bien précises. Aucune fonction ne pouvait revenir automatiquement à l’héritier du titulaire.

Telle fut organisé l’appareil politico- judiciaire qui gouverna le Presqu’île du Cap-vert (Dakar) de 1790 à 1857.

Aujourd’hui encore, les village traditionnels Lébou qui sont au centre même de Dakar, continu à nommer leur Serigne Ndakarou, et ont conservé leur organisation interne et gouvernement, tout en étant intégré  à la République Sénégalaise.

L’Etat Akan (2)(3): Bien qu’étant organisés en de multiples royaumes indépendants ,  les Akan  ont toujours gérés les affaires du peuple suivant des règles démocratiques. Quatre grandes familles, qui sont l’équivalent de parties politiques, exercent le pouvoir à tour de rôle.  Les notables de ces familles se réunissent pour choisir  selon l’ordre de succession la famille qui doit diriger le village. La famille désignée se réunit à son tour pour choisir en son sein le futur chef du village, suivant le critère de droit d’aînesse, qui est le 1er critère. Mais si pour une raison ou une autre la personne choisie se montrait incapable d’assumer son rôle, une nouvelle assemblée décidait du choix de son remplaçant ou successeur.

Le nouveau chef prête serment devant toute la collectivité, de servir les intérêts du peuple. De même, les représentants des 3 autres familles, prêtent à leur tour serment    

d’ apporter tout leur soutien au nouveau chef élu dans sa mission.

Après son élection, le chef met en place un comité, avec les représentant de toutes ces quatre grandes familles, qui est l’équivalent d’un gouvernement d’union nationale.

Toutes les décisions et la gestion des événements concernant la vie de la collectivité seront prises en présence de la population et des ministres représentants de  ces familles, qui sont tenues de se faire représenter en cas de non disponibilité.

Le chef présent à ces  assemblées ne prend la parole qu’après avoir écouté les avis de tous. Ses décisions sont le fruit d’un consensus, dés fois après discussion à huit clos avec les notables, et sont transmises  par son porte-parole.

Toutes les décisions étaient prises donc en tenant compte de l’avis du peuple et dans les sens de ses intérêts.

Ce type de fonctionnement se retrouve dans d’autres royaumes d’Afrique ou suivant les cas le nombre des  familles jouant le rôle de partis politiques peut varier, ou tout simplement ces familles sont remplacées par des tribus, (exemple du royaume d’Abron) ce qui permet une alternance du pouvoir, et diminue le risque de népotisme, de despotisme et d’abus de pouvoir.

  Donc contrairement aux idées reçues, il existait déjà en Afrique pré-coloniale des républiques ou états démocratiques. Dans la plupart des ethnies, des royaumes   il existait toujours un contre-pouvoir, un conseil , une assemblée ou les décisions étaient discutées avant d’être entérinées,  pour éviter toute dérive autocratique et dictatoriale. Le chef ou le roi, n’ont dans la majorité des cas, pas un pouvoir absolu sur leur sujet et pouvait être destitués à tout moment dans la majorité des cas.

  L’Afrique a donc une longue  culture démocratique . L’égalité de tous devant dieu, les ancêtres  et les hommes, les droits de l’homme sont bien nés en Afrique . 

Si l’on sait que la charte du Kurukan Fuga ou du Mandé (à Kangaba, au Mali),  pour la protection des droits de l’homme  comprenant 44 articles, avait pas été adoptée dés 1236, presque au même moment que la Magna Carta Européen (1215), l’Afrique n’est pas seulement le berceau de l’humanité, mais aussi celui des droits de l’homme .

A lire aussi : Afrique pré-coloniale    

1 : Source : « Le peuple Lébou de la presqu’île du Cap-Vert », par le professeur Assane Sylla de l’Ucad /Cheikh Anta Diop, ancien chef du département d’Anthropologie culturelle de l’institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN).

2 : Akan : Peuple du ghana, et de la côte d’Ivoire. Le groupe Akan est constitué de peuples  Baoulé, Ashanti,Fanti, Agnie, Attié, Abé etc…Ils furent en contact avec les  Européens, notamment les portugais en 1474.

3 :Source :d’après le livre de Fodjo Kadjo Abo :Pour un véritable réflexe patriotique en Afrique, L’harmatan 2005

Posté par NGLAYE à 20:30 - Retour à la source - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    On attend la suite Aïda...

    Posté par Djé, 16 septembre 2008 à 21:06
  • Très intéressant...

    Selon l'enseignement que nous avons reçu du colonisateur, la démocratie viendrait du monde européen. A aucun moment, le colonisateur n'a réfléchi à la structure de certains états - oui je dis de certains états africains - comme il apparaît dans ton message. Mais la faute est à nous-mêmes africains qui n'avions pas pris assez rapidement le temps de nous faire connaître. Maintenant que ces publications existent, il faut une volonté politique dans les différents pays pour les enseigner dans nos écoles. Ce n'est pas seulement une valorisation de notre passé. C'est une véritable recherche du fonctionnement de la démocratie qui peut toujours servir. Nous ne pouvons pas encore savoir dans quelles circonstances. Mais il est certain que les voies démocratiques sont multiples.

    Posté par St-Ralph, 21 octobre 2008 à 15:26
  • Tout à fait St-Raph.Toutes ces recherches et écrits doivent être approfondis, et enseignés aux jeunes. Pas seulement pour valoriser nos traditions et cultures comme tu dis, mais aussi voir les voix et moyens pour une démocratie qui sierait mieux à nos nations. La démocratie telle qu'importée d'occident n'est pas du tout adaptée quand voit ce qui se passe en afrique, où les élections sont souvent contestées, des ethnies ou groupes minoritaires qui sont souvent manipulés pour faire le jeu de politiciens cyniques, au point de les pousser à la guerre civile, à la haine raciale. Il y'avait plus d'ethnies en Afrique dans le passé, mais moins de guerres de ces ampleurs.

    Posté par AÏDA, 22 octobre 2008 à 15:55
  • bonjour. je voudrais savoir d'ou viens cette version de l'histoire des lebous ? Car il y'a d'autres versions, notamment par rapport a leurs peripeties dans le djolof. Merci beaucoup.

    Posté par Maahwlo, 13 juillet 2013 à 01:04
  • Bonjour Maahwlo,

    Ces informations sont tirées du livre du professeur Assane SYLLA, que la terre lui soit légère. voir note en bas. Il y' a effectivement l'étape du Djolof, comme il l'a dit dans son livre.

    Ayda

    Posté par Ayda, 13 juillet 2013 à 16:33
  • bjr, merci pr la réponse. ou je peux trouver les ouvrages de assane sylla ?j'ai chercher partout.

    Posté par Maahwlo, 17 janvier 2015 à 18:53

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