25 mars 2010
Proverbe Africain du jour
154--Kuy khalam di ti jaayu, barké ba yaay borom.
Traduction:< Le joueur de khalam (guitare traditionnelle Sénégalaise) est le premier à jouir de son son, et tout le plaisir lui revient de droit.>
Pour dire que : on est jamais mieux servit que par soi-même.
153--Janakh bu begué muthie dey baré ay pakh.(Wolof)
Traduction:< La souris si elle veut sauver sa peau doit avoir plusieurs terriers.>
Autrement dit il faut avoir plusieurs cordes à son arc.
152-- Laobé gueune neekhe jangal Peulh.( Wolof)
Traduction:< Il est plus facile d'apprendre le Peulh à un Laobé.>
Pour dire que quand on a des prérequis on comprend vite.
(Les Laobé sont une ethnie Wolofone issue du métissage des Peulh et des Wolof .)
151--Su mbaxana doon naan yuur, kenn du ko sol.(Wolof)
Traduction:< Si le bonnet buvait la cervelle, personne ne s'en coifferait.>
Autrement dit, il ne faut pas avoir peur plus que de raison.
150--Begg-Begg yee wuute, moo tax njaay may jar ca ja ba.(Lébou-Wolof)
Traduction:<Le goûts sont différents , c'est pour ça que tout ce qui se vend au marché trouve acquéreur. >
Pour dire que le goûts et les couleurs ne se discutent pas.
149-Ngaaxi tukkal, kenn du ko perngal mboccor.
Traduction:< Les gros sacs du chameau, personne ne peut les mettre sur les flancs du chamelet.>
Comme quoi, nous ne portons pas tous les mêmes responsabilités et que chacun doit assumer les siens.
148--Niam n'goura- Niam n'goura vana niam m' paya.( Toucouleur)
Traduction:< Mange pour qu tu vives, ce n'est pas mange pour que tu engraisses>
147-- Tamalaka a koo koonlelon, aman gneekoo lon.(Malinké)
Traduction:<Celui qui part sait ce qu'il laisse, mais ne sait pas ce qu'il va trouver.>
Pour dire simplement qu' il faut bien réfléchir avant de prendre la décisison de partir.
146-- O xum nuu mign gnaaj o migno ga. (Sérère)
Qui voyage beaucoup, voit beaucoup.
145--Celui qui se couche par terre et qui crache reçoit sa salive sur sa poitrine.(Burkinabé)
144-tungune du teew gnuy natal. ( Wolof)
Traduction:< On n' a pas besoin de faire sa description lorsque le nain est présent> Autrement dit, un témoignage vaut mieux que milles suppositions.
143-- Tontu du forookh.(Wolof)
Traduction: < Une réponse ne moisit jamais .>
Autrement dit, prenez le temps de bien réfléchir, garder votre réponse au froid et attendez toujours le bon moment et le bon endroit pour répondre .
142 --Si le sol te brûle les pieds, c'est que tu ne cours pas assez vite. (Africain)
141-- <Yàlla, Yàlla>, bey sa tool.(Wolof)
Traduction: <invoquer Allah ne te dispense pas de cultiver ton champ.>
Comme quoi, la prière ne peut pas faire pousser un champ, mais le travail, qui est aussi une autre forme de prière.
140--Béy bu àndul ak moroomi béyam ànd ak cere ja.(Wolof)
Traduction:< La chèvre qui ne s'accommagne pas avec les autres chèvres accomode le couscous.>
Autrement dit, méfiez vous des mauvaises fréquentations, surtout si vous n'êtes pas du milieu, car vous risquez d'en faire les frais.
139-Gnaar a ngi nii gnu xamul:
- ki xamul , te xam ne xamul
-ki xamul, te xamul ne xamul (Wolof)
Traduction:< Il y a deux sortes d'ignorant:
- l'ignorant qui sait qu'il est ignorant
-l'inorant qui ne sait pas qu'il est ignorant.
138-- Gannaw ay, jàmm. (Wolof)
Traduction:< Après le conflit, la paix.>
Pour dire qu'il faut savoir faire la paix.
137--Bakkan waruw dàll la: fa muy dagge doo ko yeg.(Wolof)
Traduction:< La vie c'est comme une lanière de sandale: avant qu'elle soit rompue, on ne peut pas savoir où cela va se produire.>
en Hommage à Madame Edith Lucie Bongo Ondimba.
136--Tilim dina dem fu saabu menula dem.(wolof)
Traduction:<La saleté va parfois où le savon ne peut pas aller.>
Autrement dit, il est très difficile de se départir d'une mauvaise réputation, surtout lorsqu' elle est fondée.
135-- Fen wuy defarug mbokk a gen degg gu koy yàq.( Wolof)
Traduction:< Un mensonge qui réconcilie une famille vaut mieux qu' une vérité qui la divise.>
Comme quoi, en Afrique la famille est sacrée.
134--Su tan gorewoon, su ñuy gubal mbaam, mu ëpp caw say. (Wolof)
Traduction:< Si le charognard était honnête, quand on coupe du fourrage pour l'âne, il porterait la plus grosse botte.>
Autrement dit, quand on sait qu'on va profiter des avantages procurés par d'autres, il faut participer.
133-Buy bu laa djerign todj.(Wolof)
On en peut pas manger le fruit du Baobab sans l'avoir cassé auparavant.
Autrement dit un peuple qui n'extériorise jamais son désaccord risque de souffrir encore longtemps.(Clin d'oeil à tous les enfants des Antilles)
132-- On ne jette des pierres que sur les manguiers qui ont de beaux fruits.(Proverbe Gabonais).
A méditer par tous les fils d 'Afrique.
131-- fan wu gudd fetalug gnaari ngémmign la: menes na ca toogn, feyyu ca.(Wolof)
Traduction:< Une longue vie,c'est comme un fusil à deux coups: on peut attaquer et prendre sa revanche.>
Donc autant en profiter pour se repentir lorsqu ' on est vieux.
130-Ngelaw la dugal xob ci pax, génne wu ko ca.(Wolof)
Traduction:<Le vent qui fait entrer la feuille dans le trou ne l' en fera pas sortir.>
Comme quoi, ce n'est pas facile de sortir du piège, surtout celui de la guerre.
129-- Siiw du jamm'i boroom'am.(Wolof)
Traduction:<La célébrité n'est pas toujours source de paix et de bonheur.>
128-- Sori Kaw a tax jaxaay di saw bukki.(Wolof)
Traduction: <C'est parce que l'aigle est très haut qu'il pisse sur la hyène.>
Pour traduire un peu ce qui se passe à Gaza
127-- Bala nga xam luw taat di jarign, mbate toog jote..( Proverbe Wolof)
Traduction:< on ne connaît l'utilité des fesses qu'au moment de s'asseoir.>
126--Béy du gemel genn.(Proverbe Wolof)
Traduction:< Une chèvre ne croit jamais qu 'un mortier est vide.>
Pour dire que la confiance n'exclut pas le contrôle.
125-- Quand des toiles d'araignées se rejoignent, elles peuvent emprisonner un éléphant.( Proverbes Zambiens)
124--"Xamul" aay na,wànte "laajtewul"a kayéés.
Traduction:< "Ne pas savoir" n'est pas recommandé, mais "ne pas questionner "est pire.>
Autrement dit, il faut toujours chercher à comprendre.
123--Kuy bere yaay daanu.(Wolof)
Traduction:<C'est celui qui lutte(combat) qui tombe.>
Comme quoi, quand on se bat,on ne doit pas avoir peur du ridicule.Ilfaut toujours se relever et continuer. Le succés est au bout de la lutte.
122-Le chameau voit la bosse du voisin, mais, oublie de voir la sienne.(Proverbe Arabe)
121--Wax soxu fetal la,su reccee, dabu ko wees.(Wolof)
Traduction:<La parole est une balle de fusil, on ne peut pas la rattraper si elle s'échappe.>
Comme quoi, il faut tourner mille fois la langue dans sa bouche avant de parler.
120--Reeroo amul, ngak wakhtaan na am.(Wolof)
Traduction:< La divergence n'existe pas, c'est le manque de dialogue qui existe.>
Autrement, on finit toujours par trouver un terrain d'entente en discutant et en bien s'écoutant.
133- Xel bu doon jay lamb.(Wolof)
Traduction:<l'intelligence, si elle était à vendre ne trouverait pas d'aquéreur>
Autrement dit chacun se trouve toujours plus intelligent que l'autre.
132--Yoonu djam sori wul . (Wolof)
Traduction:< Le chemin de la paix n'est pas loin.>
Pour dire que le chemin de la paix n'est jamais trop loin, car la paix n'a pas de prix et qu'il faut tout faire pour l'acquérir et le garder.
07 février 2010
Joseph N'Diaye, le conservateur de l'île de Gorée, suite et fin
B.World Connection à Gorée (Fin)
envoyé par 2fresh
Joseph N'Diaye, le conservateur de l'île de Gorée, suite
B.World Connection à Gorée (Suite)
envoyé par 2fresh
Joseph N'Diaye, le conservateur de l'île de Gorée
Mr Joseph N'diaye, (1922-2009 ), le conservateur de l'île de Gorée s'en est allé. Il sera inhumé ce Samedi 07 Février 2009 à Kam Médina, prés de Dakar, à 10 Heure. Ce grand homme, qui a su conserver et transmettre l'histoire de l'esclavage et la mémoire du peuple noir restera irremplaçable dans le coeur des millions de noirs qui ont fait le pèlerinage à Gorée.
Comme ces esclaves qui ont franchi la porte sans retour de la maison des esclaves à Gorée, comme il le disait si bien, il vient de partir pour un voyage éternel au royaume de ses ancêtres. Que la terre de Kam médina lui soit légère.
Ce jour correspond aussi à l'anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop, cet autre défenseur de la cause noire.
B. World Connection à Gorée
envoyé par 2fresh
Le dernier pharaon noir
Né le 29 décembre 1923 à Thieytou, dans la région de Diourbel au Senegal, Cheikh Anta Diop, surnommé le pharaon noir fit le premier à établir des liens entre les Egyptiens anciens et l'Afrique noir, dans sa thèse sur la négrité des anciens Egyptiens, en 1951. Il fut aussi l'un des premiers à soutenir que l'Afrique est le berceau de l'humanité. Des analyses de l'épiderme des momies lui ont toujours étaient refusées malgré le caractère scientifique de ses recherches et publications.Ce savant, qui est à la fois physicien, chimiste, archéologue et historien a démontré qu'il y' avait des similitudes lingistiques, culturelles et anthropologiques entre l'Egyptien ancien et l'Africain noir, en se basant sur des recherches scientifiques mais également historiques, sur des oeuvres de Hérodote, Diodore de Sicile ou Volney. Il a d'ailleurs crée à l'université de Dakar, qui sera appelée par la suite Université Cheikh Anta Diop d
e Dakar (UCAD), le premier laboratoire Africain de datation des fossiles archéologiques au carbone 14, qu'il a longtemps dirigé. Il y effectua des tests de mélanine sur des momies Egyptiennes qui confirmèrent ses thèses. Il prouva également que la culture égyptienne était nègre par l' interprétation de données anthropologiques et archéologiques. Ces recherches l'amenèrent à établir que les langues Africaines étaient apparentées entre elles et génétiquement liées à l'Egyptien ancien. Elles ne sont donc pas, comme nous le faisait croire le colon occidental, des langues vernaculaires. De même, la majorité des pharaons étaient noirs.
Contrairement à ce que veut établir le monde occidental, les hiéroglyphes, ont été inventés par des noirs il y' a environ 6000 ans . La civilisation Négro-égyptienne a eu 2600 ans d'existence et est considérée comme étant l'une des civilisations les plus brillantes. De même, sur les 200000 ans d'existence de l'homme actuel , l'homme noir a fait les inventions les plus sigificatives, étant donné que sa mutation génétique en homme blanc, ou jaune ne s'est réalisé que recemment. "Ceux qui n'ont rien inventé" comme le laisse supposé certaines théories, ont tout inventé.
Décédé dans son sommeil le 7 Février 1986, Cheikh Anta Diop ne sera sans doute pas le dernier des pharaons noirs, car Théophile Obenga avec qui il fut l'un des investigateurs de l'afrocentricité, porte son héritage. Et avec lui, beaucoup d'autres égyptologues Africains.
Pour voir quelques exemples de similitudes entre Egyptien ancien et langues Africaines:http://aphrikaweb.afrikblog.com/archives/2008/07/12/9898003.html
Pour en savoir plus:
http://users.skynet.be/fa407336/__hieroglyphe__3.5f_011.htm
13 décembre 2009
Le pantalon de Saa Ndiogou
Saa ndiogou avait beaucoup de mamans, comme beaucoup d’enfants Africains, à tel point qu’il ne savait pas laquelle était sa vraie mère, ce qui n’avait d’ailleurs que peu d’importance à ses yeux. Il appelait maman toutes ses tantes.
Ce matin là, Saa ndiogou se réveilla avant le chant du coq. Il se réveillait de plus en plus tôt à l’approche de la fête du village. Car il était très excité. La place du village était remplie de monde à l’approche des fêtes, les commerçants venus d’ailleurs étalent leur riches marchandises sur la place centrale du village. Les femmes rivalisent à qui aller s’octroyer l’étoffe la plus chatoyante, les plus beaux bijoux, les plus belles sandales, et les plus belles tresses. Saa ndiogou ne voulait pas rater cette belle ambiance pour rien au monde.
Pendant qu’il prenait sa bonne bouillie de mil au pain de singe (fruits du Baobab) dans la case de sa grand-mère, ses tantes qui passaient dire bonjour à leur mère lui demandaient :
< Saa ndiogou, as-tu pris ta tenue de fête chez le tailleurs ? n’oublie pas Hein, c’est demain la fête ! il faut que tu soit le plus beau mon fils ! >
et grand-mère de répondre :<Mais oui bien sûr que mon petit mari (Saa ndiogou) sera la plus beau, comme d’habitude.>
Au milieu de la journée, Saa ndiogou enfin alla chercher sa tenue chez le tailleurs, Ndiawar, et oublia de l’essayer, pressé qu’il était d’aller rejoindre ses amis, pour courir à travers champs, et aussi flâner parmi ces multitudes d’étalages coloriés du marché : il n’y avait pas toujours fête au village et il fallait en profiter.
Saa ndiogou arriva enfin dans sa concession familliale à la tombée de la nuit. Il essaya sa belle tenue en raphia, brodées de belles figures et motifs Africains, noirs et beiges. Mais malheureusement, le pantalon était trop long. Il se dit que c’est mieux que s’il était court : de toute façon, ses mamans vont lui réparer ça.
Il alla demander donc à tante Woré : maman, peux-tu s’il te plait me raccourcir mon pantalon neuf , il est vraiment trop long. Maman Woré lui répondit : mais mon chéri, je suis très fatiguée avec tous les mets que j’ai préparé pour la fête de demain, il fallait le demander plus tôt ! de toute façon je verrai.
Il demanda à toutes ses mamans : Tiaba, Dibôr , Déguène, Raki, Mbossane et reçu la même réponse.
Il décida de se coucher et s’endormit finalement en rêvant de sa belle tenue, et de l’effet que cela fera sur sa meilleure amie, et peut-être future fiancée, quand ils seront grands, Mbarka, .
Grand-mère Ouly, qui avait entendu son petit mari chercher de l’aide se réveilla au milieu de la nuit et se dit : mon pauvre chéri, je vais lui raccourcir son pantalon, comme cela il sera agréablement surpris demain matin. Elle pris ses ciseaux, coupa le pantalon, refit l’ourlet, puis alla se recoucher.
Un peu plus tard, Thiaba se réveilla et pensa : mon pauvre bébé, je vais lui raccourcir son pantalon comme il me l’a demandé. Elle aussi coupa le pantalon et refit l’ourlet.
Woré, Dibôr, Déguène, Raki et Mbossane, firent de même.
Au petit matin, Saa ndiogou se réveilla tout content : le jour tant attendu est enfin arrivé. Après avoir pris sa bouillie de manière précipitée, il alla chercher son pantalon, pour voir s’il avait été raccourci par ses chères Mamans : quelle ne fut sa surprise de voir qu’il lui arrivait maintenant au genou. Il se mit alors à pleurer. Toutes ses mamans et grand-mère Ouly accourent et virent le spectacle : le pantalon était devenu un caleçon.
Elles entonnèrent toute en cœur : <pardon doudou, c’est parce nous voulions que tu soit le plus beau ! >
Saa ndiogou, s’ arrêta de pleurer, réconforté par tant de solicitudes et se dit en riant qu’ il n’ y a pas que des avantages à avoir beaucoup de mamans. Tant pis, la fête sera quand même belle, même si elles ont oublié que je grandis !
Garab buy magg, kenn du ko yek ! (Wolof) Pour dire que <Lorsque l’arbre pousse, personne n’est au courant>
02 décembre 2009
Massacre du 1er Décembre 1944
Le 1er Décembre 1944, furent massacrés des soldats Africains, libérateurs de la France par... la France. Ces soldats Africains, communément appelés ' 'Tirailleurs Sénégalais' ont commis un seul crime: celui d' être Africains.
En effet, comment expliquer autrement l'assassinat dont ils ont été victimes? Car ces Tirailleurs africains* , à qui on avait toujours répété que la France est la mère patrie, avaient pour la grande majorité, même si ils ont été pour la plupart recrutés de force, combattu avec conviction l'ennemi Nazi, dont ils sont finalement venu à bout. C'est donc fiers de leur victoire qu'ils ont été démobilisés et sont arrivés au ca
mp de Thiaroye* au Sénégal, le 21 novembre 1944. Sur leur visage, se lisait le bonheur de retrouver enfin leurs familles, après quatre longues années d'absence, malgré le traumatisme de la guerre et la perte de leurs nombreux camarades morts au combat ou fusillés par les Nazis. Ils ne se doutèrent pas qu'ils ne reverront plus jamais les leurs, ou leurs pays, pour ceux originaires d'autres pays du continent. Ils sont au nombre de 1280, originaires de pays d'Afrique Occidentale Française.
Mais le 30 Novembre 1944, il y' eut une révolte au camp de Thiaroye, suite à la réclamation de leurs arrièrés
de solde et de leur prime de démobilisation, qu'on leur avait déjà refusés en France, avant leur retour en Afrique. Ils prirent le général Damian en otage donc. Le 1er Décembre 1944, le bataillon de Saint-Louis donne l'assaut de nuit, sans sommation, du camp désarmé. Il y eu une trentaine de survivants qui furent condamnés à des peines allant de 1 à 10 ans, avec amende, et perte de leur indemnité de mobilisation. Ils ne furent libérés qu' en 1947, par le président Français de l'époque Vincent Auriol, sans avoir été rétabli dans leur droits, et n'ont pas eu droit à une pension de retraite
Les corps de la majorité des tirailleurs fût enterré dans une fosse commune, une trentaine ayant eu des tombes individuelles, pour cacher le nombre réel de morts.
Le cimetière de Thiaroye 44 fût longtemps laissé à l'abandon. Aujourd'hui, il a été réhabilité, et est ouvert aux pélerins Africains. Le 23 Mai 2004, 60 ans aprés ce massacre, fut célébrée et instaurée, pour la première fois au Sénégal, la journée du Tirailleur Africain, en souvenir de la date de libération de la ville de Toulon, en France, par les tirailleurs le 23 Août 1944. 
Je me pose toujours la question de savoir pourquoi aucun chef d'état Africain ne leur a jamais rendu hommage, ni inscrit l'histoire de ces libérateurs noirs de la France dans les manuels scolaires.
Photo1: recrutement de paysans Africains pour le corps des tirailleurs; Photo 2: Tirailleurs sur le départ en France; Photo3: Tirailleurs avec une autochtone Française; Photo 4: Tirailleurs faits prisonniers et qui seront exécutés.
Thiaroye : village fondé en 1800, situé à environ 17 km de dakar, fait parti aujourd'hui de la banlieue surpeuplée de Dakar. Tirailleur:Soldat tiraillant en avant de la troupe pour harceler l'ennemie. Tirailleur Sénégalais: soldats Africains originaires d'Afrique Occidentale Française, enrolés de force dans l'armée Française lors des 2 guerres mondiales. Ils furent 212 000 lors de la 1ere guerre et environ 100 000 lors de la 2eme guerre.
Voir aussi le film du cinéaste Sembène Ousmane: 'Le camp de Thiaroye'.
La Journée du Tirailleur Sénégalais sera célébrée ce Mercredi 17 Septembre 2008 à Dakar
Pour en savoir plus:
http://www.tirailleursenegalais.com/
03 octobre 2009
Kamitophonie
Kamitophonie ou si nous parlions la même langue.
Si nous considérons la langue un comme moyen de communication, permettant de véhiculer des valeurs culturelles et sociales, aucune nation ne peut évoluer, et encore moins se développer dans une langue étrangère.
En Afrique 90 % des enfants passent les 15 premières années de sa vie à essayer d’acquérir un vocabulaire dans une langue étrangère (dans notre cas le Français), qu’un enfant Français a déjà appris entre 0 et 4 ans, sans pour autant y arriver. Donc il ne pourra, pendant le cycle primaire presque rien comprendre, tant sur le plan scientifique, que dans les autres matières telles que l’histoire, qui est très importante, que la géographie.
Arrivé à l’age adulte, cet enfant va regarder ou lire les différents journaux, sans pouvoir vraiment comprendre les informations.
Donc l’éducation de base dispensée en langue étrangère constitue les causes de l’échec de nos systèmes éducatifs. Quand on sait que dans cette mondialisation, l’éducation est le meilleur investissement que nous puissions faire pour espérer un jour voir nos peuples se relever, je ne dirai pas que l’Afrique noire est mal parti, mais qu’elle n’est pas partie du tout.
Car un peuple mal éduqué sera mal gouverné, quoi qu’on fasse. D’où ces foyers de tension, ces guerres, ces génocides. Car pour des gens éduquées, tous les problèmes, même ethniques peuvent se résoudre à l’amiable, comme autrefois autour d’un baobab.
Mais certains me diront qu’en Afrique, c’est impossible au regard des 1100 ethnies qui y existent, réparties en 99 groupes ethniques, dont 10 en Afrique du nord.
Pourtant, lorsque nous prenons les cas de l’Europe, il y’avait autant d’ethnies, sinon de langues. En France par exemple, c’est le latin, considéré comme langue savante, qui était imposé par l’église au Moyen Age. Elle n’était comprise que par certains initiés et bourgeois.
Mais peu à peu, au Latin, s’est mêlée des idiolectes venant des langues populaires, et des étrangers. De cela est née le roman, divisé en plusieurs patois. C’est uniquement au XIIeme siècle que le Franciens, dialecte de l’île de France, composé de Latin, de Grec et d’autres langues locales et ancêtre du Français s’est imposé petit à petit. Aujourd’hui encore, en compte en France 75 langues qui sont considérées comme une richesse et faisant partie du patrimoine national du Pays , malgré l’usage du Français comme langue officielle. Et c’est le cas de toutes les langues Européennes.
Au Sénégal, 95 % de la population parlent Wolof (sous-groupe de l’Ethnie Lébou), ce qui peut s’expliquer par le fait que les Wolof, occupant les côtes et le centre ont été en contact les premiers avec les étrangers, sont assez ouverts et métissés avec toutes les autres ethnies (on trouve tous les noms des autres ethnies chez eux). Au Mali 85 % de la population parle Bambara (également parlé au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso etc…). En Afrique centrale, le Lingala et le Swahili dominent, le Haoussa (Niger, Nigeria, Tchad, Soudan etc…). Indépendamment de tout cela, nos langues et nos ethnies ne sont pas sans liens, évidemment et peuvent être regroupées par groupe :exemple groupe Akan en côte d’ivoire et au Ghana, Mandé dans toute l’Afrique de l’Ouest ect…
Donc nous devons dépasser les clivages et rivalités ethniques qui sont souvent instrumentalisés par nos politiques et les occidentaux, pour trouver un consensus autour de nos langues nationales.
Par exemple, on pourrait créer le "Sénégalais", dont la racine sera le wolof, avec l’apport de mots d’autres langues ethniques, créant du coût de nombreux synonymes et enrichissant notre vocabulaire Africain, et renforçant également le sentiment d’appartenir à une seule nation et abattre les frontières ethniques. La même règle pourra s’appliquer avec une langue Malienne dont la base serait le Bambara. Je suis sûre que nos linguistes, scientifiques et autres experts dans ce domaine ne pourront être que passionné par cela.
Une chose est sûre : ne pas éduquer nos peuples dans nos langues nationales constitue la cause principale de l’échec de nos systèmes éducatifs, le manque de cohésion et de fierté nationale et du coup le retard que l’Afrique a toujours eu sur l’occident.
13 septembre 2009
La Jeanne d’Arc Congolaise
Donna Béatrice, la Jeanne d’Arc Congolaise
Arrivés dans la région du royaume du Kongo depuis la fin du XVeme siècle , à bord des premières caravelles portugaises , les missionnaires blancs s’y sont implantés au noble pretexte d’évagéliser les noirs et de les arracher de leurs pratiques paiennes. Mais ces, hommes de Dieu représentent surtout la tête de pont idéologique et culturelle des nations européennes dans ces contrées immensément riches de produits agricoles, de peaux ( particulièrement recherchées en Europe), de pierres précieuses, d’Or, d’Ivoire, et bien sûr, d’esclaves . Aussi, devenus très présents comme conseillers des rois et des puissants, ils attisent , en coulisse, les rivalités entre les factions rivales princières du Kongo et n’ont de cesse de pousser à l’affaiblissement des pouvoirs locaux, afin de les faire basculer , tôt ou tard, dans l’escarcelle des puissances qui les ont mandatés.
S’incrustant dans les cours royales, les missionnaires réussiront à convertir à la religion catholique tous les rois du Kongo sur lesquels ils se garantissent une emprise de plus en plus forte, en s’assurant de leur soumission au Dieu chrétien. En échange, ils reçoivent d’énorles privilèges, tandis que les commerçants portugais installés sur place drainent vers l’extérieur les richesses du royaume, devenu un débouché de choix pour leurs armes et leurs produits de pacotille. Résultat, les congrégations de toute espèce s’y succèdent au cours des siècles : franciscains, jésuites, capucins, dominicains, etc.
Simultanément, les hostilités ne cessent de s’amplifier entres princes retranchés dans leurs provinces respectives. Aux guerres civiles succèdent famines et épidémies. Traumatisé , le peuple Bakongo ne sait plus à quel saint se vouer pour apaiser la colère divine. Coment ramener la paix ?
Or voilà qu’en 1704, au plus profond de la tourmente, commencent à circuler çà et là des bruits à propos d’un personnage extraordinaire qui redonne espoir aux désespérés. C’est une jeune femme de 22 ans. Son nom : Kimpa Vita. Elle proclame qu’elle a reçu de Saint Antoine, patron des naufragés et de ceux qui souffrent la mission de rassembler ses compatriotes pour mettre fin au désordre et permettre au royaume de retrouver sa puissance.
Issue d’une famille aristocratique du royaume Kongo, Kimpa Vita a reçu , comme toutes les jeunes nobles de l’époque, une éducation coutumière, mais aussi catholique, car, pour plaire au roi, les grandes familles étaient contraintes d’adopter la religion de leurs nouveaux alliés venus évangéliser les populations à tour de bars.
A la tête de ses disciples , Kimpa Vita, que l’on appelait de son nom de baptême, Dona Béatrice, parcourt les villages menant à San Salvador,la cité aux 12 églises, l’ancienne capitale du royaume , dévastée et abandonnée de sa population. Elle avance, infatigable, son corps élancé vêtu d’un pagne de couleur verte en raphia tissé aussi doux que du velours, et le front ceint d’une couronne de fibres de Piki, l’arbre à raphia. Le visage aux trais fins respire une grande sérénité, qui tranche avec cette voix grave dont elle détache posément les mots pour être bien comprise de tous. Partout on lui ouvre les bras et tout au long de sa croisade, elle raconte le miracle qui l’a désignée pour relever son peuple décimé.
« J’étais malade et près de mourir, et un soir, grelottante d’une fièvre qui allait m’emporter, j’ai vu apparaître en songe un frère habillé comme un moine. Il m’a dit être Saint Antoine, envoyé par Dieu dans ma tête pour m’exhorter à prêcher et à enseigner au peuple d’aller de l’avant. Puis, sans savoir comment, j’ai eu un grand soulagement et je me suis sentie revivre. J’ai appelé mes parents pour leur expliquer le commandement divin. Puis j’ai distribué toutes les richesses que je possédais pour bien montrer que je renonçais aux choses de ce monde et je me suis mise en route pour accomplir mon devoir. Et, alors que jamais je n’avais ainsi parlé devant des inconnus, vous prêtez tous attention à mon message et me suivez avec le plus grand succès ! »
Exhortant ses fidèles à la prière, les poussant à renoncer aux fétiches de leurs ancêtres et à détruire les croix de la religion étrangère, elle annonce l’avènement d’un temps nouveau et la renaissance d’un royaume où le mal serait banni et où il n’ y aurait plus de misère. Ils sont nombreux à se presser autour d’elle, trouvant dans ses paroles le sursaut d’espoir qui allait les aider à repousser le spectre de l’infortune. Les paysans, un à un, approuvent les paroles de cette femme qui met à leur portée une nouvelle religion bien plus proche d’eux, alors que celle professée par les Blancs, avides des richesses du Kongo, ne se soucie que peu du bien des noirs ; une religion où les anges ne sont pas que Blancs et où le ciel semble habité de Noirs aussi.
« Le jour du jugement approche, proclame-t-elle. Dieu, dans son indignation, nous accable de terribles châtiments. Vous récitez le ‘Salve Regina’ et vous ne savez même pas pourquoi ! Pourquoi jeûnez-vous pendant le carême alors que vous êtes déjà épuisés par la disette? Si vous voulez être lavés de vos péchés, il suffit de vous exposer à la pluie. La confession ne sert à rien …Les bonnes œuvres sont vaines…Seule l’intention compte pour Dieu… Hommes Bakongo, mes frères, prenez autant de femmes que vous le désirez car telles sont nos coutumes ! »
« La vraie terre sainte est au Kongo, affirme-t-elle. Les véritables fondateurs de la religion catholique sont de notre race, de la race noire. Jésus-Christ est né à San Salvador, mais les blancs parlent de Bethléem ! Il a été baptisé à Sundi, que l’on appelle Nazareth. Mais sachez que Jésus-Christ, la Madone et Saint François sont aussi originaires du Kongo ! que tous les missionnaires qui s’emparent de nos richesses pour l’unique profit des Blancs quittent le Kongo. Ils sont contre la puissance de notre royaume. Saint Antoine es notre remède. Lui seul nous entend et nous aidera à reconstruire notre pays. »
« Rejoignez San Salvador, ordonne-t-elle enfin aux foules en délire qui l’accueillent avec ferveur. San Salvador symbole de notre unité perdue, doit renaître de ses cendres. Dans San Salvador repeuplée, les racines des arbres abattus se transformeront en or et en argent. Sous les ruines relevées, nous découvrirons des mines de pierres précieuses et de métaux rares. A San Salvador, toutes les richesses que les Blancs nous ont ravies iront à ceux qui adhèrent à la foi véritable et contribuent à la renaissance du royaume. »
Par le bouche à oreille, les récits de miracles de la « sainte » traversent les provinces du Kongo, du nord au sud, de l’est à l’ouest. On dit qu’elle guérit les malades et que, sur son passage les arbres desséchés se redressent. Les fidèles se disputent ses restes de nourriture, persuadés d’en retirer quelque grâce. Jusqu’aux nobles et seigneurs qui se pressent autour d’elle, étendant sur le sol leurs riches pagnes de raphia ou leurs capes de soie et de brocart, pour lui dresser des nappes sur lesquelles on l’invite à prendre ses repas. Et puis il y’ a le rituel du Vendredi. Chaque vendredi, elle se plonge dans un recueillement absolu, s’associant ainsi à la mort du Christ. Elle dit ainsi qu’elle se rend au ciel pour plaider la cause des Noirs auprès de Dieu, ainsi que la libération du Kongo… Puis elle « ressuscite » le Samedi, prêtre à reprendre la route, rejointe à chaque étape de a longue marche par de nouveaux disciples.
Considérée par les foules comme une prophétesse investie d’une mission sacrée, Kimpa Vita décide d’aller trouver le roi Pedro IV qui s’était réfugié avec ses partisans sur le mont Kibangu, afin de lui demander de regagner San Salvador. Cousin des deux belligérants, ce dernier né d’un prince Kimpanzu et d’une noble Kimuzala, occupait le troisième rang de succession. Espérant que sa filiation ferait office de compromis, le choix s’était porté sur lui et il avait été installé à la tête du royaume et couronné par les missionnaires capucins qui s’accommodaient bien de son peu d’envergure. Mais, sachant sa légitimité contestée, Pedro IV n’osait quitter les hauteurs de sa citadelle, pour prendre possession de l’ancienne capitale royale.
Passant outre les pressions des missionnaires capucins qui l’entouraient, le roi reçoit la jeune femme. Il est aussitôt conquis par son charisme et son message plein de bon sens. Et San Salvador commence à se repeupler de gens qui veulent voir et toucher la « sainte ». les maisons sont reconstruites, les champs défrichés et les jardins replantés. Dona Béatrice envoie alors à travers le royaume des centaines de disciples surnommés les « Petits Antoine ». Reconnaissables aux couronnes de feuilles de Piki qu’ils portent sur la tête, ils traversent les campagnes en chantant le Salve Antonia et prêchent l’enseignement du mouvement des Antonins.
Cette nouvelle religion va connaître un immense succès, tant parmi les populations animistes qui y adhèrent en masse que parmi les aristocrates qui commencent à se détourner de l’église catholique. En moins de deux ans, Dona Béatrice met sur pied les fondements d’une nouvelle église africanisée où se mêlent des influences catholiques et traditionnelles, et qui contribuera au renouveau politique du pays.
Mais, les représentants de l’Eglise romaine, qui se considèrent comme les seuls intermédiaires entre Dieu et les hommes, commencent à voir en cette prophétesse noire une menace pour leur position sociale. « Faites que votre royaume devienne chrétien et votre puissance en sera augmentée », avaient-ils dit au roi pour le convaincre que son adhésion à la foi catholique le rendrait invincible et lui apporterait la supériorité sur ses ennemis ainsi que sur toutes les provinces en révolte.
Et voilà que cette femme, par son seul charisme, galvanisait tout un peuple, en, lui ouvrant les yeux sur l’influence des étrangers placés autour du roi ! Voilà qu’elle entendait faire renaître les pratiques paiennes qu’ils avaient eu tant de mal à expurger de ces pauvres Noirs ! Qui plus est, en se référant d’un saint de leur propre Eglise à eux ! si cette contestation contre la foi catholique se propageait, c’est le fondement même de leur long travail d’appropriation de ces âmes qui risquait d’être remis en cause.
Manipuler le faible roi Pedro IV ne sera pour eux qu’un jeu d’enfant. Bientôt celui-ci finit par craindre que l’influence de Dona Béatrice ne lui fasse de l’ombre. Il hésite cependant, redoutant de heurter le sentiment populaire en la faisant arrêter. Mais les capucins veillent au grain, ne cessant de le travailler au corps, au nom de « l’honneur de Dieu ».
Alors il ordonne la répression de ses activités, obligeant la jeune femme à se réfugier dans la brousse en compagnies de quelques-uns de ses disciples. Et c’ets là que, traquée elle met au monde un enfant, fils de Barro, son plus fidèle compagnon de route. Le roi la fait arrêter à la demandes de capucins offusqués qu’elle ait eu un enfant alors qu’elle se prétendait vierge. Questionnée sur l’origine de ce bébé qu’elle allaite, Dona Béatrice répond : « je ne peux nier que ce soit le mien. Mais comment je l’ai eu, je ne sais pas. Je sais seulement qu’il m’est venu du ciel et qu’il sera le sauveur de notre peuple ».
Enchaînée, dona Béatrice est alors conduite devant le père Bernado Di Gallo, le chef des capucins chargée de l’interroger.
- « Qui êtes-vous ? » lui demande-t-i ,
- « Je suis saint Antoine, je viens du ciel. »
- « Et quelles nouvelles apportez-vous de là-haut ? Dites-moi si au ciel il y’ a des Noirs du Kongo et sont-ils là-bas avec leur couleur noire ? »
- Impassible, elle lui répond qu’au ciel il y’a des petits Noirs baptisés ainsi que des adultes, mais qu’ils n’ont pas la couleur du Noir ni du Blanc, parce qu’au ciel il n’y a aucune couleur. Ce qui a le don de mettre ses juges en rage. Sous l’accusation d’hérésie, les missionnaires demandent sa mort.
- « Que m’importe de mourir, réplique-t-elle. Mon corps n’est autre chose qu’un peu de terre. Je n’en fais aucun cas. Tôt ou tard il sera réduit en cendres. »
Le père Laurent de Lucques, qui assistait à l’exécution, nous décrit cette journée du 2 Juillet 1706 où Kimpa Vita, que l’on surnommera plus tard la « Jeanne d’Arc Congolaise », est brûlée vive sur le bûcher, au milieu d’une foule contenue par plusieurs rangée de soldats protégés de boucliers en peau de buffle et armés de lances et de flèches.
« Le basciamucano, c'est-à-dire le juge, prononça finalement la sentence contre Dona Béatrice, disant que, sous le faux nom de saint-Antoine, elle avait trompé le peuple par ses hérésies et des faussetés. En conséquence, le roi, son seigneur, et le conseil royal la condamnent à mourir sur le bûcher, elle et son concubin, qui se faisait appeler saint Jean.
Après cet arrêt, ils furent emmenés vers le bûcher. Elle portait son enfant sur le bras. Il se produisit alors un si grand tumulte parmi la foule en détresse, qu’il n’ y eut pas moyen pour nous de prêter quelque assistance aux deux condamnés. On avait amassé là un grand tas de bois sur lequel ils furent jetés. On les recouvrit d’autres morceaux de bois et ils furent brûlés vif. Non- contents de cela, le lendemain matin, des hommes vinrent encore brûler quelques os qui étaient restés et réduisirent le tout en cendres très fines. »
Qu’ajouter de plus à ce récit du martyre de Dona Béatrice, sinon que sa mort plongea le peuple Kongo dans la plus profonde consternation et que personne ne voulut croire les capucins lorsqu’ils affirmèrent plus tard que cette « femme du diable » s’était repentie et qu’elle avait renié toute son action passée, avant de mourir sur le bûcher. Quant à son nouveau-né, il fut sauvé de justesse par le père Laurent de Lucques qui, le considérant innocent des fautes de sa mère, obtint sa grâce auprès du roi. Sans doute fut-il accueillit par la grande famille des Antonins. Nul ne sait ce qu’il advint de lui.
Pour perpétuer le souvenir de Kimpa Vita, la tradition orale raconte qu’à l’endroit où ont eu lieu les exécutions, deux puits profonds sont apparus et que, au milieu de ces puits, on a vu briller pendant très longtemps deux étoiles dont l’une symbolisait l’âme de Dona Béatrice et l’autre celle de son compagnon, Barro.
Auteur: Syvia Serbin
19 juillet 2009
Savoir-vivre
Potins: SI tout le monde savait ce que tout le monde dit de tout le monde, personne ne parlerait plus à personne. N'escaladez jamais le fameux "mur de la vie privée" qui est censé protéger les gens et ne répétez jamais ce que vous croyez avoir vu derrière. Et défendez vos amis des potins.
Porte: Celui qui sort a le pas sur celui qui entre, à moins que ce ne soit un homme qui sorte, et une femme qui entre. Dans une porte tournante, c'est l'homme qui précède la femme.
Mensonges: Point de bonne éducation sans mensonges. Le mensonge est aussi utile que l'ombre, en été, que l'huile dans votre voiture.
Lettres d'Amour: Pensez toujours qu 'elles peuvent tomber en d'autres mains que celles de leur destinataire. Pensez-y surtout quand elles peuvent compromettre votre correspondante adorée. Montrer à un tiers des lettre d'amour, c'est commettre un attentat à la pudeur.
SANTE: Quand on vous dit :<Comment allez-vous?> ne répondez pas :< Très mal... j'ai mal au ventre depuis 10 jours .....et ma jambe etc...>.
Répondez simplement :<Très bien, merci!> sur le même ton d'indifférence glissante que le <Comment allez-vous?>
Lune de miel: Tâchez de la faire durer toute la vie, avec quelques transformations. Ne soyez pas de ceux pour qui la vie conjugale se réduit à deux mois de lune de miel et cinquante ans de lune de vinaigre.
Femme à un homme: Si vous venez de faire la connaissance d'un monsieur, même s'il vous plaît, c'est à lui de prendre l'initiative de vous appelez.
Mauvaises Manières: Montrer ses lettres d'amour, en soulignant:< c'est formidable comme elle m'aime.>
Se vanter de ses conquêtes et les raconter comme des parties de chasse.
FORMULES: Pour indiquer à quelqu 'un qu' il s'engage sur un terrain dangereux, que certaines parties de son vêtement sont mal ajustées, qu'il a une tâche sur la figure, ou quelque débris de viande dans la moustache, vous pourriez dire, avec un geste discret pour localiser l'emplacement : < vous avez une mouche>
FLATTERIE: Celui qui se laisse flatter a la faiblesse d'accepter une fausse monnaie.
PUDEUR-Chez la femme la pudeur finit où la coquetterie commence. Elle consiste à cacher les parties du corps de la femme qu'on ne juge pas assez belle pour être montrées. En dévoilant toutes leurs armes, elles suppriment tout mystère, tout désir de découverte, toute progression dans la conquête.
SALLE DE BAINS- Si vous partagez une salle de bains avec une ou plusieurs personnes, laissez-la dans l'état où vous souhaiteriez la trouver vous-même.
Un homme qui accompagne une femme prend, sur le trottoir, le côté de la rue correspondant à la chaussée.
Si la place manque, en croisant une femme, l'homme descend du trottoir pour la laisser passer sans s'écrier < quelles jolies jambes..>
L'Afrique et la science
Par définition la science
(latin scientia,
« connaissance »)
est, selon le dictionnaire Le Robert, « l'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur
universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminée,
et fondées sur des relations objectives vérifiables.
Il y’a une question
qui me revient souvent et qui est la suivante:comment expliquer le retard
de l’Afrique par rapport aux sciences exactes
et technologies ?
Aujourd’hui, à part les personnes qui ont fait des études scientifiques et techniques, en Afrique, la grande majorité reste ignorante des principes et notions scientifiques les plus élémentaires. En somme, nous manquerions de culture scientifique et l’Afrique est à la traîne dans les domaines de la technologies. Pourtant ailleurs dans le monde, en Chine et en Inde, dans le monde Arabe, l’occident est en train d’être dépassé, alors que l’Afrique semble être toujours au moyen âge. Les notions scientifiques de bases dans les domaines de la vie comme la chimie, la physique que les enfants et les jeunes, en inde et en Chine ont assimilées dès le lycée restent un mystère pour ne pas dire une magie, pour le jeune élève Africain. Comment au 21e siècle, des milliards d’Africains ignorent encore l’existence de l’ atome, de l’électron, les différents éléments chimiques de la nature, les lois de la pesanteurs, la structure de la matière, en résumé, les lois qui régissent notre existence ?
Je ne pense pas que cela soit un problème de capacité intellectuelle, car aujourd’hui, on trouve des chercheurs noirs dans les laboratoires les plus pointus partout dans le monde.
Les noirs ont énormément participer au développement de la science et de la technique, et contrairement aux apparences, les inventions faites par les noirs sont assez éxaustives et participent de l’amélioration de notre quotidien d'aujourd’hui.
D’ailleurs, l’Afrique est le berceau de la science. Déjà en 3300 avant Jésus Christ, les Egyptiens, nos ancêtres savaient déjà calculer l’aire du cercle en approchant le nombre Pi(3.14..). Ils avaient déjà des médecins, des géomètres concepteurs et des ouvriers hautement qualifiés pour la construction des pyramides, temples et tombeaux. Euclide, Thalès , Pytagores, et bien d’autres illustres savants du monde occidental sont venus se former en Egypte.
Les sumériens (peuple du prophète Abraham), ( www.shenoc.com ) qui étaient également des noirs , qui vivaient au sud de l’actuel Irak, ont fondé la 1ere civilisation véritablement urbaine, avec des connaissances en génie civil très poussées (brique, pont, port, égout, mines et usines), donnant naissance à la profession d’architecte et d'ingénieur, dès 3300 ans avant Jésus Christ. Ils ont également inventé l’abaque, le véhicule à roue, l’arche, le savon, la phytotérapie etc ..L’atronomie, la physique, la chimie y étaient déjà pratiqués.
Alors la question qui se posent est de savoir qui détenait et ou sont passées ces connaissances ? N’avaient-elles pas été transmises progressivement aux gens du peuples ? était-ce seulement une minorité, les prêtres, adulée et vénérée qui avait l’accès à ce savoir ?
L’esclavage, la colonisation, les guerres, les razzias qui ont duré pendant 5 siècles au total ont ont-ils étaient les facteurs qui ont empêché la transmission et le développement de la science et de la technique en Afrique ?
Si oui, cela ne peut pas expliquer totalement cette carence, car l’Inde, la Chine, le Japon, et les pays Arabes ont été aussi colonisés.
Raison pour laquelle je reste convaincue de la responsabilité de nos dirigeants. Je suis souvent sidérée de constater que ce retard ne semble pas poser problème à nos gouvernants, de laisser leurs peuples, naître, grandir et mourir dans l’ignorance la plus totale .
Si l’Afrique possède 40 % des réserves de matières premières comme on nous le répète si souvent, la majorité des Africains ne savent pas quelles sont les matières premières gisant sous leurs pieds, ainsi que leur utilisation donc leur valeur. Or tout le monde sait que ce qui donne de la valeur ajoutée, ce n’est pas le produit brut, mais sa transformation sur place.
A quoi sert la matière première sans la matière grise ? comme dirait un certain chanteur coloniste : < ils n’ont pas de matières premières mais ils ont les idées…>.
Au rythme ou vont les choses, les jeunes Africains continuent de voir la science et la technique comme « une affaire de blanc », convaincus, pour la majorité de ne pas ‘ pouvoir comprendre ces choses si compliquées ‘.
Si aucune politique n'est mise en place par nos dirigeants pour développer l’apprentissage et l’amour des sciences dès le plus bas âge et attirer le maximum de jeunes dans ces filières, que sont les matières scientifiques, la recherche, la technologie, l’Afrique se fera toujours marginalisée et ne pourra jamais se développer.
Je reste convaincue que le seul champ
de bataille où les nations se mesurent aujourd'hui reste le domaine du savoir et le savoir-faire.
14 juillet 2009
Il demande aux Guadeloupéens de rentrer chez eux au sénégal
Un Béké propose aux Noirs guadeloupéens de retourner au Sénégal, c'est le titre donné à cette vidéo par Kahm Piankhy
Après 4 siècles d'esclavage, sans dédommagement aucun, ni excuse, ils osent vouloir se débarrasser des noirs, sous prétexte qu' ils devraient s'estimer heureux de leurs sorts "enviables " d'exploités, (car un nègre devrait se contenter de peu ) surtout comparer à leurs frères nègres du Sénégal ( et d'Afrique par extension) qui n'ont pas eu la chance d'avoir été capturés, déportés et vendus. Comme si les préjudices et dommages collatéraux, tant moraux, psychologiques, matériels et j'en passe n'étaient pas assez visibles partout en Outre-mer et en Afrique. Il est tant que nos dirigeants sifflent la fin de la récréation afin de ne pas permettre à n'importe qui de marcher sur la mémoire de nos ancêtre martyrs.
Après "la colonisation un mal nécessaire", maintenant c'est :" l'esclavage un bienfait pour un nègre".
Pour en savoir plus:http://www.bondamanjak.com
07 juillet 2009
Les origines des esclaves des Antilles
Par G. Debien extrait ' Bulletin de L'INSTITUT FRANçAIS D'AFRIQUE NOIRE ', Dakar IFAN Tome XXVII Juillet-Octobre 1965 N° 3-4
Les marrons autour du Cap en 1790 et en 1791
La Gazette du jour devenue dès le 28 novembre le moniteur colonial, est un quotidien qui parut au Cap-Français sous la direction d'Honoré Dubuisson, du 1er novembre 1790 au 20 Août 1791, c'est à dire au cours des dix mois qui ont précédé le soulévement des esclaves du Nord.
Ce journal publie les listes des marrons repris dans les quartiers du Cap, de Fort-Dauphin, Port-de-Paix, Saint-Marc,Port -au- Prince, Grand-Goave, et parfois Léogane et Saint-Louis.Elles sont longues.Et celles, beaucoup plus courtes , des marrons qui viennent de s'échapper.Ces deux sortes de listes ,ont été analysées et chaque esclave distingué par un numéro.A côté ont été relevées les ventes d'esclaves.Mais que ces derniers esclaves aient un nom ou qu'ils n'en aient pas, il ne leur a pas été donné de numéro.
Ces listes doivent nous dire si à l'avant-veille de l'insurrection du Nord le nombre des fuites , le genre des marrons, sont des signes avant-coureurs des événements prochains.Les marrons s'organisent-ils par bandes, sont-ils armés, dans les mornes, , à proximité du Cap ou des gros bourgs? A-t-on l'impression qu'il se prépare quelque chose ? L'on a donc pas besoin de souligner l'intérêt de ce journal.
Malheureusement, il ne nous est pas parvenu complet.Nous n'avons qu'un peu plus des cinq premiers mois.La bibliothèque Nationale (4° le 12/2) posséde les numéros de novembre, de décembre 1790, de janvier,de Février, et mars 1791 et les numéros 243 (7 Juillet 1791) et 292 ((20 Août 1791), le dernier .Les Archives Nationales (AD XXa 441)ont les numéros 163-165,167-173,180-182,207-213 et 238-240, mais ils sont égarés.C'eût été quelques vues fragmentaires sur la période qui correspondait à notre plus grande curiosité.
Les signalements ont été méthodiquement résumés pour faire plus court et ordonnés d'une manière régulière pour faire plus clair.Les déclarations des repris, ne sachant ni leur nom ni celui de leur maître, se répètent tant, qu'on les a supprimées pour la plupart.
La vente par adjudication au siége du Cap le 27 août, du fonds d'imprimerie appartenant à la succession de feu sieur L'Honorey Dubuisson tenant l'imprimerie du peuple , place d'Armes, avec exploitation du journal le moniteur colonial,met fin à cette feuille.
Sa disparition ne fût donc pas provoquée par le soulévement des esclaves.
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1--24 Octobre 1790-- Un nouveau,25 ans, sans étampe apparente, le front garni des marques de son pays , de fort grandes sur les joues, une à chaque côté du nez, sur le creux de l'estomac , sur le ventre, les oreilles percées, n'a pu rien dire, arrêté au Camp de Louise.
2--1er novembre-- Janvier, 24 ans, Mozambique, étampé sur le sein droit, marques de son pays , oreille gauche percée. Arrêté au Limbé,
3--Id-- Barbe,agée de 20 ans, Créole,sans étampe, cicatrice au cou petite.
4--Id- Ulysse, agée de 22 ans, Créole, sans étampe cicatrice.
5--2 novembre-- Agathe, 23 ans, Créole, étampée.
6--Id-- Marie, 26 ans , Mandingue, étampée, marque de son pays.
7--3 novembre-- Louis, 25 ans, Mondongue, étampé deux fois.
8--Id-- Rosine, 4 ans, Sénégalaise, taille moyenne, jolie, sans marque ni étampe, se disant Créole.L'arrêter, qu'elle ait ou non un billet,qu'elle ait ou non des marchandises ( 6 gourdes de récompense, soit 396 livres).
9--4 novembre--Etienne, 16 ans, Créole,étampé.
10--Id--Constance, 18 ans, Créole, sans étampe.
11--Id--Ambroise, 20 ans, Créole, sans étampe.
12--Id--Gertrude, 34 ans, Créole, sans étampe.
13--5 novembre-- Cité, agée de 33 ans, congo, étampe renversée, de l'habitation Vaudreuil.
14--6 novembre--Charles, 35 ans,Congo, étampe illisible, un doigt de la main gauche difforme, la main gauche blanche et gravée de verrette.
15--Id-- Jean , 27 ans, Mandingue,étampe peu lisible.
16--7 novembre-- Jean, 34 ans, Congo, étampé.
17--Id-- Négresse nouvelle, 20 ans, Congo, étampée, marque de son pays.N'a pu rien dire.
18--Id--Négresse nouvelle,45 ans, Congo, sans étampe, marques de son pays.
19--8 novembre-- Janvier, 30 ans, Congo, étampé.
20--Id--Vincent, 30 ans, Créole, sans étampe, cicatrice au front.
21--9 novembre--Ariane, 20 ans, Ibo, étampe illisible, marque de son pays au milieu du front.
22-9 novembre-- Jean Baptiste, 55 ans, Créole, étampé deux fois.
23--Id--Flore, 20 ans, Arada, étampée, marques pays sur joues.
24--Id--Rose, 22 ans, Congo,étampée, marques pays sur le ventre.
25--Id--Aucassin, 18 ans, Créole,collier autour du cou, avec une longue et forte chaîne, les oreilles coupées.
26--10--novembre-- Félicité, 18 ans, Congo, étampée, marques pays sur le ventre.
27--Id-- Jean-Louis, 22 ans, Mozambique, 2 étampes, cicatrice au creux de l'estomac.
28--Id-- Nouvelle, 45 ans , Congo, sans étampe, marques pays , ne sachant pas à qui elle appartient.
29--12 novembre--Télémaque, 22 ans, Congo, sans étampe, marques pays sur la poitrine, cicatrice sur le ventre.
30--Id-- Pitre, 28 ans, Congo, sans étampe, petite cicatrice sur le bras gauche, malingre au pied droit; se disant appartenir à Mr Manuel.
31--Id--La malice, 25 ans , Congo, étampé, beaucoup de marques sur la poitrine.N'a pu dire à qui il était.
32--15 novembre--Mars, 22 ans, Congo, étampé, marques pays aux tempes.Ne sachant à qui il est.
33--Id--AdelaÏde, 10 ans, mozambique,étampée.
34--Id-- François, négrillon, ,Créole de 10 ans, sans étampe.
35--Id--Marianne, 30 ans, Créole, sans étampe, oreilles percées, disant appartenir à l'habitation Choiseul.
36--16 novembre--Phillipe, 30 ans, Ibo, étampé.
37--Id-- Limtor, 20 ans , Congo, étampé, marque pays aux bras.
38--Id--Jean-Baptiste, 30 ans, Congo, étampé, nabot à chaque pied.
39--19 novembre-- Toussaint, 18 ans , Nago, sans étampe, grande brûlure, marques pays aux joues et au ventre, appartient à La Fortunée.
40--Id--Jean, 26 ans Bambara, étampé, marque pays sur le devant du corps.
41--21 novembre--Daphnis, 20 ans , Congo, cicatrice à travers la poitrine.
42--Id-- Janvier, 25 ans, Congo, étampé.
43--Id-- Jean-Louis, 35 ans, Congo, étampé.
44--Id--L'Eveillée, 32 ans, Bambara, étampé, marque pays.
45--Id--François, 15 ans , Congo, étampé, cicatrice sur la poitrine.
46--Id--Joachim, 20 ans, Sénégalais, , étampé, marques pays sur les deux sourcils.
47--22 novembre--Négrillon de 9 ans; sans étampe, deux petites cicatrices à l'épine du dos et au poignet gauche.Ne sachant à qui il appartient ( Créole probablement).
48--Id--Négresse nouvelle, 20 ans , de nation paquoy, sans étampe, marques pays sur la figure, les oreilles percées. Ne sachant à qui elle appartient.
49-Id-Gontant, 35 ans, congo, étampé, marques pays sur la poitrine.
.....
.....
558-7 Juillet 1791-Charles, 9 ans , mulâtre cérole, sans étampe.
559-Id-Nouveau, étampé, marques pays sur le devant du corps, fort maigre et malade.
560-Id-Jean Baptiste, 26 ans, Sénégal, au sieur Joseph, mulâtre libre, des cayes.
561-Id-AdelaÏde, négrillonne, 10 ans , congo, étampe illisible, au même.
562-20 Août 1791-Désirée, 28-30 ans, Misérable assez puissante de corps, de taille moyenne, rouge de peau, marques de verrette, cicatrices étampée, soupçonnée d'être dans le quartier du Trou.
Ecartons ici les noms des esclaves mis en vente et retenons seulement ceux des marrons.On groupe 560 noms.C'est donc un nombre assez important pour permettre des observations générales.
Précisons la portée de ces listes. Publiées par un journal du Cap, il y 'a toutes chances qu'elles correspondent en gros à ce que fut en fait le marronage au Cap et dans ses environs. En effet, la liste des fugitifs déclarés et des marrons repris en ce quartier sont non seulement longues, mais à intervalles réguliers.Les listes venues des autres quartiers sont plus courtes et bien moins régulières. Les marrons de Saint-Marc, de Port-de-Paix, de Port-au-Prince et de Petit-Goave ont dû être bien plus nombreux que ceux que nous pouvons compter ici. Les listes de l'Ouest sont publiées avec retard. Pour la presqu'île du Sud nous n'avons guère que les marrons des quartiers de Petit-Goave et de Saint-Louis, et quelques-uns de Léogane. Nous ignorons donc à peu prés tout du marronnage dans le sud et bien des choses de celui de l'Ouest. Hors du Cap et de sa région, n'essayons de statistique régionale. Si le déclaration des fugitifs au greffe de la sénéchaussée était obligatoire, donc leur enregistrement, on ne voit pas que la publication de leurs noms fût imposée sur une gazette locale.Les comptes des plantations , qui renseignent sur le va-et-vient des marrons , ne portent de dépenses pour annonce de fuite que de loin en loin.Toutes le fuites ne sont pas publiées.Sont-elles toutes déclarées au greffe? Il serait naÏf de le croire.Si les prises sont plus facilement annoncées par les greffiers et les geôliers, le sont-elles toutes? Soyons assurés que les déclarartions des fugitifs et que leurs prises correspondent pas exactement à ce qui s'est passé.
En 1790 et en 1791 le signalement des esclaves , à leur départ ou à leur entrée ne prison, est bref. On s'en tient aux signes physiques, on s'arrête peu à la teinte de la peau.Les vêtements sont rarement décrits.
1--Origines Ethniques
Il nous faut retrancher 170 noms de ces 562 marrons, ceux qui sont présentés <sans nation connue>. Parmi eux on a à distinguer les nouveaux et les anciens. A côté de 99 anciens il est 71 nouveaux. La répartition mensuelle des anciens d'origine inconnue est fort instructive. Au mois de Novembre 1790, 32 noms d'anciens de race non déterminée sont publiés . En Décembre 8, en Janvier 5, en Février 13, mais en Mars aucun. Ce doit être le résultat, d'un effort plus grand pour parvenir à savoir à quelle race appartiennent les marrons repris, d'un interrogatoire plus serré à leur entrée en geôle ; cette exigence plus grande montrerait que les précautions ont redoublé contre le marronage.
Novembre 1790.
Hommes
Femmes
Total Sans indication d'origine
22
22 Nouveaux
Sans Origine connue
1
1 Congos
3
3 Mozambiques
2
2 Paquoy
1
1 Créoles
8
6
14 Congos
19
4
23 Mozambiques
3
1
4 Ibos
2
1
3 Sénégalais
1
1
2 Aradas
1
1
2 Mandingues
1
1
2 Mondongues
3
3 Bambaras
2
2 Nago
1
1 Tiamba
1
1
Decembre 1790.
Hommes
Femmes
Total Sans indication d'origine
7
1
8 Nouveaux
d'origine inconnue
4
3
19 Congos
3
1 Ibos
2
1 Haoussa
1 Mozambique
1
Nago
1 Bambara
1
Barouba
1
Mûlatre
1
1 Créoles
10
10 Congos
21
1
22 Mondongues
6
6 Mozambiques
3
4 Sénégalais
3
3 Ibos
3
3 Nagos
4
4 Taquois
2
2 Arada
1
1 Mina
1
1 Bambara
1
1 Mandingue
1
1 Aubane
1
1 Danois
1
1 Indien
1
1 Portugais
1
1 Tiamba
1
1 Martiniquais
1
1
Janvier 1791.
Hommes
Femmes
Total Sans origine connue
5
5 Nouveaux
Sans origine connue
4
23 Congos
5
2 Ibos
3
Mozambiques
3
Poulard
1
Nago
1
Haoussa
1
Kambis
1
Bambara
1
Barouba
1
Mûlatre
1
1 Créoles
17
4
21 Congos
39
6
45 Mondongues
6
6 Ibos
5
1
6 Maquois
8
8 Haoussas
4
4 Mozambiques
4
1
5 Nagos
2
1
3 Bambaras
3
3 Minas
3
3 Aradas
2
1
3 Anglais
1
1
2 Taquois
1
2
3 Misérables
2
2 Soussous
1
1
2 Mandingues
1
1
2 Badé
1
1 Moco
1
1 Sénégalais
1
1
2 Cramenty
1
1 Bambia
1
1 Portugais
1
1
A suivre...
Marron, onne: se disait dans les colonies, d'un esclave qui s'était enfui dans les bois ou dans les montagnes pour y vivre en liberté.Négre marron.
Etampe: Marque imprimée sur les esclaves à l'aide d'outil pour travailler le fer ou autre
Crinière noire
Crinière? à l'évocation de ce mot apparait toute la majesté et la noblesse de la lionne.Mais aussi la révolte. Alors je me suis demandée, mais pourquoi je me défrise les cheveux en permanence? Enfin, pas seulement moi, mais aussi la
adéquation avec mes principes.Principes qui me disaient que je devais être fière de moi-même, de ma race.D'être noire et d'avoir des cheveux crépus.J'ai décidé d'arrêter de me faire un défrisage, de guarder mes cheveux .Il a fallu cinq mois pour que je retrouve mes cheveux naturels, aprés tant d'année d'acharnement et de dépendance.J'ai retrouvé, enfin, ma crinière noire.Alors, telle une lionne, je suis devenue trés fière.J'ai compris que derrière cette manie à avoir des cheveux de blanche, lisse, souple, il y'a tout le poids du passé.De l'esclavage, de la colonisation.On nous a appris que les cheveux crépus ne sont pas beaux.J'ai vu sur le net une vidéo ou des enfants noirs, trouvait que les poupées noires, à à qui ils ressemblent pourtant, n'étaient ni belles, ni gentilles..C'est vous dire, psychologiquement, le degré de manque d'estime de soi de ces enfants qui seront les adultes de demain.Le mal est profondément enraciné. Pourtant la nature a toujours bien fait les choses en donnant à chaque race les moyens de s'adapter à son environnement. Des cheveux crépus et une peau noire pour résister au soleil, pour nous Africains.Une peau blanche et des cheveux longs et lisses pour nos descendants qui ont émigré vers les nord. Alors, j'exorte mes soeurs noires à renverser la vapeur, à apprendre à leurs enfants à s'aimer tels qu'ils sont, avec leur cheveux naturels, à jouer avec des poupées noires. Surtout lorsqu'on sait que ces défrisants sont produits en Europe et aux Etats- unis, et sont sans retombée économique, et surtout, avec d'énormes préjudices morales et psychologiques sur nous. La nature n'est-elle pas plus belle que toutes les imitations? Une crinière est toujours majestueuse, surtout lorsq'elle rappelle la bravoure de nos fières reines d'Afrique!
23 avril 2009
Aimé Césaire : l'An un
17 Avril 2008-17 Avril 2009. Un an déjà que nous quittait notre aimé, Césaire. Oui il est parti sur la pointe des pieds. Nous laissant orphelins, mais pas seuls. Car son oeuvre immense, rayonnant, nous éclaire. Nous entendons ses mots à tout moment, ces mots qui ont l'art de nous remuer, de nous surprendre à chaque fois que nous nous penchons sur ses écrits. Cet homme est sûrement le plus grand poète, dramaturge, écrivain, visionnaire de tous les temps.Oui, Il était et il est tout cela à la fois. Le fondateur de la négritude reste un modèle pour tous les hommes épris de liberté, de justice. Un combattant infatigable, dont le combat continue au delà des frontières de races, de couleurs, de génération. Ses paroles traverseront le temps, les siècles. Comme il l'a dit lui-même dans son" cahier d'un retour au pays natal",dans "Partir" :< ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir>. Sa promesse est tenue, son message plus que jamais d'actualité.
Il a crée une civilisation et un monde pour nous.
Il a accompli sa mission prophétique. Mais il n'est pas parti. Car Chez nous en Afrique, ceux qui sont morts ne sont jamais partis.
De là ou tu es papa Césaire, nous te voyons sourire, nous parler tout simplement. Car tes paroles sont réconfort, guérison, source de vie, joie de vivre. Tout cela à la fois.
AIME CESAIRE 1
envoyé par MELMOTH
14 février 2009
Histoire d’amour au XVeme siècle
Histoire d’amour au XVeme siècle
Salam Casaïs, princesse de GAO et Anselme d’Isalguier,
gentilhomme Toulousain : une union Franco-malienne.
En 1405, le royaume Songhaï où vivait Salam Casaïs était le berceau d’une riche civilisation basée sur les échanges qui se faisaient de part et d’autres du Sahara. Composé d’une mosaïque de peuples d’origines et de culture diverses (Berbères et Touaregs à peau blanche contrôlant le commerce transsaharien, Soudanais à peau noire, prospères dans l’agriculture, l’élevage et la pêche), ce royaume enclavé se trouvait au débouché des routes commerciales qui reliaient les régions du nord de l’Afrique à l’intérieur du continent.
C’est à Gao, dans ce grand port saharien baigné par le fleuve Niger , qu’Anselme d’Isalguier , jeune noble issu d’une famille de capitouls ( hauts magistrats) de Toulouse, débarqua, après avoir presque parcouru toutes les mers du monde. Le pays Songhaï l’enchanta. Botaniste et homme de sciences versé dans l’étude des astres et de la nature, il parlait l’arabe et le turc : ce qui lui permit de nouer des amitiés dans les meilleurs cercles intellectSalam Casaïsuels de la ville.
Sa curiosité le poussait à flâner souvent, avec pour guide un jeune prince de ses amis dans les quartiers populaires qui s’étalaient jusqu’aux berges du fleuve. Là, loin des belles demeures agrémentées de terrasses et de patios à jets d’eau, c’était un grouillement perpétuel . Habitués aux incessants va –et- vient des caravaniers, les gens accueillaient avec bonhomie ce blanc d’une grande humilité qui savait communiquer avec eux et n’avait pas de peine à apprendre les nouveaux dialectes qu’il rencontrait. Anselme d’Isalguier fut bientôt considéré comme un véritable fils du pays.
Un jour, le jeune homme se promena en compagnie de son ami sur la place du grand marché. C’était la fin de la matinée et une joyeuse animation régnait, malgré la chaleur accablante: des caravanes venaient d’arriver, porteuses de mille trésors. Parcourant inlassablement le désert à dos de dromadaire, les négociants déchargeaient, dans ce royaume aux 400 villes, barres de sel des mines de Teghazza, armes ciselées du Maroc, mais aussi étoffes chatoyantes et verroteries de Venise que leur procuraient les vaisseaux marchands amarrés dans la rade de Tunis. Puis sitôt leurs marchandises écoulées, ils reprenaient la piste, chargés des cargaisons d’or du Soudan, des défenses d’éléphants, et des épices dont ils s’étaient fournis pour les cours d’Europe et du monde musulman. Arrivés dés l’aube des provinces de l’intérieur reliés à la ville par un réseau de barques qui sillonnaient le fleuve, les villageois proposaient leurs, ou des objets d’artisanat. Un groupe d’élégantes marchandaient bruyamment quelques pièces d’étoffes rares et des parfums capiteux ramenés d’Egypte par des négociants Marka. Des ménagères, surprises par l’heure tardive, se faufilaient rapidement entre les marchands en quête de piment ou autres condiments pour accommoder le repas de la journée.
A l’entrée du marché, des hommes accroupis avaient exposé devant eux en petits tas, le sel précieux qui faisait leur fortune. Un peu plus loin, au poste de transit, des voyageurs remplissaient leurs outres en peaux de chèvres en prévision d’une longue route à travers le désert, pendant que les dromadaires attachés, attachés aux palmiers-dattiers, attendaient en ruminant le départ des caravanes. Le marché tirait à sa fin, et l’effervescence retombant, chacun se pressait maintenant, qui vers les cases des quartiers populaires, qui vers les riches demeures de banco que surplombaient de vastes terrasses orientés vers le fleuve.
Marchant avec précaution entre les étals posés à même le sol, Anselme d’Isalguier, absorbé par la découverte de tant de produits inconnus ne cessait de questionner son ami sur leur provenance.
Détournant brusquement la tête, son regard croisa, à l’autre bout de la place, deux yeux noirs et brillants entre des paupières délicatement fardées au khôl. Un voile de soie bleue dissimulait le reste du visage. La jeune femme qui le fixait était drapée d’une longue pièce de tissu indigo, dont le haut retombait en écharpe sur les cheveux fins savamment relevés en larges tresses au sommet de la tête. Une pépite d’or cousue dans la coiffure brillait au dessus de son front couleur d’ambre. D’un geste gracieux, elle retenait d’une main artistiquement teintée au henné un pan du pagne posé sur sa tête , faisant teinter, à chaque mouvement du bras, les anneaux d’argent qu’elle portait au poignet .Un lourd bracelet d’argent ciselé ornait sa cheville.
Soudain gênée par le regard insistant de l’étranger, Salam Casaïs baissa les yeux et, suivie de ses servantes disparut rapidement au détour d’une ruelle. Bien que charmé par tant de grâce et de beauté, Anselme d’Isalguier n’osa se lancer à la poursuite de l’inconnue. Car, en terre d’Islam, il risquait la peine de mort s’il venait à offenser une femme de sang noble. Le trouble du jeune homme n’échappa pas à son accompagnateur, qui s’en amusa, car l’éducation Songhaï exigeait d’un homme qu’il sache masquer ses émotions, surtout vis-à-vis d’une femme. Il lui apprit néanmoins que Salam Casaïs était de haute lignée. Orpheline, elle vivait chez son oncle, un homme fort estimé pour sa sagesse et sa piété. Passionné d’art poétique ainsi que d’astronomie, celui-ci avait élevé sa nièce avec une certaine liberté et lui avait donné, chose rare chez les jeunes filles bien nées, une bonne instruction en Arabe. Sa beauté et sa vivacité de caractère en faisaient une jeune fille très courtisée.
Comme chaque soir, dominant le fleuve du haut de sa terrasse où elle s’isolait en quête d’un peu de fraîcheur, Salam admirait le crépuscule qui tombait sur Gao. Bercée par les mélopées des piroguiers qui plongeaient leurs rames en cadence dans les eaux calmes et profondes, elle regardait la ville s’enfoncer doucement dans un silence que troublait par à-coups le beuglement des troupeaux rentrant des pâturages. Elle se surprit à penser à l’étranger rencontré sur le marché et sourit au souvenir de l’homme, à l’admiration qu’elle avait lue dans ses yeux étonnamment clairs. Malgré son teint halé sous le léger burnous qui l’enveloppait, il ne pouvait être Touareg. Un léger bruissement dans son dos la fit se retourner. C’était sa servante qui ramenait les informations recueillies auprès des esclaves des familles qui avaient offert l’hospitalité à l’étranger. Salam apprit que c’était un grand voyageur, venu d’un lointain pays au –delà du désert et par delà la mer. On disait qu’il apprenait la langue songhaï, dont il consignait les mots sur de larges feuilles en peau de chèvre tannée afin de l’enseigner aux gens de son pays. < Je demanderai à mon oncle de l’inviter dans notre demeure>, se dit-elle. Elle savait que le vieil érudit ne se ferait pas prier à l’idée de se délecter des récits de voyage du jeune blanc. Les femmes songhaï étaient très libres à l’époque, et les rigueurs de l’Islam ne pouvaient en rien restreindre les prérogatives que leur donnait leur statut. Aussi avaient-elles la possibilité de choisir elles-mêmes leur époux. Un droit que personne ne pouvait leur contester.
Salam multiplia habilement les occasions de rencontre et Anselme comprit avec bonheur qu’elles n’étaient pas dues au hasard. Les jeunes gens s’apprécièrent et s’aimèrent, malgré tout ce qui les séparait : la race, la religion, les coutumes. Au bout de quelques mois, Gao célébra avec faste, et dans la tradition musulmane, le mariage de Salam Casaïs avec le chrétien Anselme d’Isalguier.
Pendant huit ans, les époux vécurent paisiblement sur les bords du fleuve Niger. Ils eurent une petite fille prénommée Marthe. Salam, qui savait lire et écrire l’arabe, apprit le Français. Elle aida son mari à collecter à travers le royaume des informations destinées à l’ouvrage de géographie qu’il se proposait d’écrire sur le royaume Songhaï. Elle lui apporta sa précieuse collaboration d’interprète pour la rédaction d’un dictionnaire Français- Latin- Songhaï. Mais la douceur de la vie à Gao n’empêcha pas Anselme d’Isalguier de ressentir le mal du pays. La France lui manquait, ses terres au bord de la Garonne, sa mère… Salam de son côté, bien que curieuse de découvrir le monde de son époux ne pouvait se résoudre à quitter les siens , d’autant qu’elle devait affronter l’opposition de son entourage, pour qui une femme noble ne pouvait quitter Gao pour aller se perdre en pays étranger.
Elle dut cependant se résigner et après des préparatifs secrets, ils quittèrent furtivement Gao, de nuit, pour éviter tout incident. Cachées par les bouquets de palmier Doum qui poussaient le long des berges, leurs pirogues chargées de bagages glissèrent doucement sur le fleuve éclairé par un faible quartier de lune. Une caravane sous bonne escorte les attendait à l’entrée de la piste qui s’étendait à travers le désert en long ruban sinueux, jusqu’aux portes de l’océan. Triste et silencieuse, la jeune femme quitta ainsi le terre des ses ancêtres, serrant sa petite fille dans ses bras. Le voyage à dos de dromadaire fut éprouvant. Accablée parla chaleur du jour qui brûlait les immenses dunes de sable qu’ils avaient comme unique paysage, transie de froid la nuit , malgré les couvertures en laine de brebis et les solides tentes de toile qui abritaient les voyageurs durant les haltes , Salam tentait de cacher son désespoir pour ne pas peiner son époux.
Au bout de plusieurs semaines, ils atteignirent enfin le Touat, un ensemble d’oasis au Sud de la Berbérie (Algérie actuelle), où ils purent se reposer et désaltérer leur lèvres desséchées. La caravane se scinda en trois groupes. Certains négociants prirent la direction du Maroc, d’autres de l’Algérie : Anselme suivie ceux qui se rendaient en Tunisie. Arrivés sur les côtes d’Afrique du Nord, ils louèrent une chambre dans une hôtellerie en attendant de trouver un voilier en partance pour la France. Vint enfin l’embarquement sur un vaisseau qui devait les conduire de l’autre côté de la méditerranée. La traversée, difficile, fut très mouvementée. A mi-chemin entre Tunis et la Sicile, le vaisseau Français fût attaqué en pleine tempête par des corsaires catalans qui, après une bataille acharnées s’emparèrent de plusieurs passagers dont la jeune femme et deux de ses servantes. La tempête dura plusieurs heures. Des voies d’eau s’étaient formés dans la coque du bateau corsaire qui, fortement endommagé par les combats, s’échoua sur un banc de sable. Profitant de la confusion des pirates , les prisonniers sautèrent dans un canot et ramèrent jusqu’à une île déserte où, par miracle le vaisseau Français venait de jeter l’ancre pour réparer quelques avaries, après avoir vainement sillonné les îlots voisins à la recherche de ses passagers perdus. Courant à la rencontre du canot fugitif, Anselme, éperdu de joie, retrouva sa femme éplorée parmi les rescapés. Emus, leurs compagnons d’infortune louèrent le seigneur pour ces retrouvailles et le voyage se poursuivit sans autre incident.
C’est par une froide journée de l’automne 1413 que Salam Casaïs découvrit le port de Marseille, dont la prospérité datait de l’antiquité. Des voiliers déchargeaient des marchandises ramenées de toutes les provinces du monde par de hardis marins, tandis que d’autres larguaient les amarres pour des contrées lointaines. Et tous ces gens à peau blanche , vêtus de façon insolite , qui gesticulaient en parlant d’étranges idiomes dont elle avait bien peine à saisir le sens, bien qu’elle eut appris de son époux les rudiments du Français et de langue d’oc.
Ce monde nouveau contre lequel sa famille et ses divins l’avaient mise en garde, elle devait maintenant l’affronter….
Anselme loua un équipage et ils prirent la route de Toulouse. De la diligence cahotante, Salam découvrit avec une stupeur mêlée d’appréhension les paysages qui défilaient sous ses yeux le long des chemins empierrés : bourgs animés, hameaux ouverts sur des champs et villes fortifiée,s entourées de hauts remparts. Des paysages si différents des souvenirs familiers qui lui revenaient en mémoire : le tableau de palmeraies, les bateliers croisant sur le fleuve, Gao aux portes du désert. Mais ici, ce froid glacial, qui brûlait les os…
Peu après son arrivée à Toulouse, Anselme d’Isalguier fit baptiser sa femme dans la religion chrétienne, ainsi que la petite Marthe alors âgée de 6 ans, et les six domestiques qui avaient accompagné son épouse : trois servantes Songhaï et trois eunuques, dont le médecin personnel de Salam, Aben Ali. Ce dernier homme de sciences issu de la prestigieuse université de Tombouctou et praticien des médecines traditionnelles Africaines, acquit, grâce à ses connaissances en plantes médicinales, une solide réputation qui lui valut d’être mentionné dans les chroniques de la ville. Aben Ali était en effet connu pour guérir toutes sortes de maladies par des vomitifs qu’il préparait lui-même et par des saignées qu’il pratiquait de sa main. Après qu’il eut sauvé d’une pleurésie mortelle un notable de la ville, ami d’Anselme d’Isalguier , la réputation de ce médecin noir d’une grande humilité ne tarda pas à lui attirer une importante clientèle, même dans la haute bourgeoisie locale. Ce dont prirent très vite ombrage de médecins Toulousain qui avisèrent leurs patients qu’en consultant <ce charlatan musulman > ils s’exposaient aux feus de l’enfer.
C’est pourtant lui qu’on appela au chevet du jeune Charles VII, dauphin de la couronne de France, atteint par une forte fièvre alors qu’il effectuait un déplacement à Toulouse, en 1416. On était en pleine période de troubles en raison de la guerre , dite des cent ans, entre la France et l’Angleterre. Si par malheur, le jeune adolescent héritier du trône de France décédait dans la capitale du Languedoc, cela ne manquerait pas d’engendrer des affrontements meurtriers dans le pays. Plus grave, un tel drame ferait peser de graves soupçons d’assassinat sur la cité de Toulouse ; pire, de complicité avec les Anglais. Les troupes du roi assiégeraient la ville… Il fallait à tout prix éviter la catastrophe. Les autres médecins s’étaient déclarés impuissants devant le mal, on demanda à Anselme d’Isalguier de faire venir le médecin de sa femme. En cinq jours, Aben Ali réussit à guérir le futur roi de France. Pour récompense, celui-ci lui fit octroyer 1000 écus d’or, ce qui l’époque représentait une somme considérable. C’en était trop pour ses détracteurs. Peu de temps après, Aben Ali mourut dans d’atroces convulsions , mystérieusement empoisonné, des suites , dit-on , du complot de quelques médecins Toulousains jaloux, dont on chercha pas à établir la culpabilité.
Après avoir connu une vie brillante à Gao, où elle avait fréquenté l’élite intellectuelle et côtoyé les voyageurs les plus prestigieux qui faisaient halte dans la capitale Songhaï, Salam Casaïs vécut presque en recluse dans l’ombre de son château des bords de la Garonne. Peut-être aussi, ne fut-elle jamais accepté par la noblesse provinciale, choquée qu’un fils de famille ait pu ramener une négresse de ses pérégrinations et se retrouver père d’un sang-mêlé. Isolée, elle mena une vie austère, ne manquant aucun office religieux, s’adonnant à la lecture et aux bonnes œuvres de sa paroisse, et se consacrant entièrement à l’éducation de ses filles.
Marthe l’aîné était devenu une belle et douce jeune fille. A 16 ans elle épousa un jeune gentilhomme de la région, le chevalier Eugène de Feodas, qui appartenait à l’une des plus anciennes familles de toulouse. Elle eut un fils que les gens surnommèrent < le Maure de Féodas>, à cause de son teint basané. Ses deux autres soeurs, la blanche Isabeau et Marguerite la noire eurent moins de chance. Après avoir tragiquement perdu leurs fiancés, elles entrèrent toutes deux au couvant et devinrent religieuses. A la mort d’Anselme d’Isalguier, Salam Casaïs, encore jeune, entra à son tour au couvent. Elle y resta jusqu’à la fin de ses jours, cultivant au fond d’elle la nostalgie de sa famille et de son pays natal, bien qu’elle se fût toujours sentie combler par l’amour de son époux.
Auteur: Sylvia Serbin
06 janvier 2009
Israel
31 décembre 2008
L'île de Gorée au petit matin
Gorée, comme cette île est calme au petit matin. 
On aurait dit qu'il ne s'y était jamais rien passé .
Bruits des chaînes qui se choquent et s'entrechoquent.
La porte sans retour.
Le dernier reguard sur cette terre d'Afrique.
Gorée, Ouidah.
Les questions qui se bousculent. Mére, pére, soeur, fréres, Dieux que faîtes-vous? Ou êtes-vous?
Le bâteau qui s'en va, sans destination.
Que de souffrances, de peines, de séparations douloureuses...
Que de destins brisés, d'espoir perdus.
De désespoir.
Je m'en souviens comme si c'était hier...
Mais du passé, naît l'avenir. De la nuit, naît le matin, le jour. Du combat naît l'espoir.
L'espoir des millions de noirs, sortis de ton ventre, de ta matrice.
De tes douleurs, de ton accouchement, vient de naître Obama. Michelle, Barack, et leurs enfants.
La gestation à été longue. Mais sans doute courte à l'échelle de l'humanité.
Cette année 2008 restera à jamais gravée dans la mémoire des hommes. Mais surtout de l'homme noir.
Alors, je dis ici, merci. Merci à tous.
A tous mes fidéles lectrices et lecteurs, qui n'ont cessé de m'encourager, de m'envoyer des commentaires tout au long de cette belle année 2008.
Merci à Halima.
Merci surtout à Djé et à Rapahel, mes fréres Ivoiriens. A joelle M.
Je vous souhaite à toutes et à tous une trés bonne et heureuse année 2009.
MES MEILLEURS VOEUX 2009.
14 novembre 2008
Apprendre le Wolof
Alphabet et prononciation
Consonnes
| Bilabiale | Labio- dentale | Labio- vélaire | Alvéolaire | Palatale | Vélaire | Uvulaire | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Occlusive | p b | t d | c j | k g | q | ||
| Nasale | m | n | ñ | ŋ | |||
| Prénasalisées | mp mb | nt nd | nc nj | nk ng | nq | ||
| Roulée | r | ||||||
| Fricative | f | s | x | ||||
| Spirante | w | y | |||||
| Latérale | l |
Dans l'orthographe du wolof, une suite de deux consonnes identiques correspond à une géminée. Toutes les occlusives, nasales et latérales peuvent être géminées. Il faut cependant noté que le q est toujours géminé bien que noté comme une consonne simple.
Voyelles
| Antérieure | Centrale | Postérieure | |
|---|---|---|---|
| Fermée | i | u | |
| Mi-fermée | é | ó | |
| Moyenne | ë | ||
| Mi-ouverte | e | o | |
| Ouverte | a |
Dans l'orthographe du wolof, une suite de deux voyelles identiques correspond à une voyelle longue. Le à correspond à un aa (a long) devant une prénasalisée ou une géminée.
Exemples
Pays d'Europe en wolof
| Mot | Traduction | Prononciation standard (en API) |
|---|---|---|
| sable | suuf s- | su:f |
| ciel | asamaan s- | asama:n |
| eau | ndox m- | n͜dɔx |
| feu | safara s- | safara |
| homme | gόor g- | go:r |
| femme | jigéen j- | ɟige:n |
| manger | lekk | lɛkk |
| pain | mburu m- | m͜buru |
| coureur de jupon | say-say | sajsaj |
| boire | naan | na:n |
| grand | mag | mak |
| petit | tuuti | tu:ti |
| toilettes | wanag w- | wanak |
| nuit | guddi g- | guddi |
| jour | bés b- (nombre) ou bëccëg b- (durée) | bes / bəccək |
| Français | Wolof | Traduction littérale | Prononciation standard (en API) |
|---|---|---|---|
| Ça va ? | Na nga def? | nan͜gadɛf | |
| Ça va bien. | Maa ngi fi (rekk). | Je suis là (seulement). | ma:n͜gifirɛkk |
| Avez-vous la paix ? | Yaa ngi ci jàmm? | ja:n͜giciɟa:mm | |
| Paix seulement, grâce à Dieu | Jàmm rekk, Alxamdulilaay | ɟa:mmrɛkkalxamdulila:j | |
| Y a-t-il du pain ? | Ndax mburu am na? | n͜daxm͜buruamna | |
| Il y en a. | Am na. | amna | |
| Il n'y en a pas. | Amul. | amul | |
| Comment va la famille ? | Naka sa waa kër? ou Ana waa kër ga? | Comment va la famille ? | nakasawa:kər ou anawa:kərga |
| La paix est avec elle. | Mu ngi ci jàmm. | mun͜giciɟa:mm | |
| Combien ? | Ñaata? | ɲa:ta | |
| C'est cher. | Dafa seer/jafe. | dafasɛ:r / dafaɟafɛ | |
| Réduisez le prix. | Wàññi ko. | wa:ɲɲikɔ | |
| Merci | Jërëjëf | ɟərəɟəf | |
| Nous le partageons. | Ñoo ko bokk. | ɲɔ:kɔbɔkk | |
| Oui | Waaw | wa:w | |
| Non | Déedéet | de:de:t | |
| J'ai faim. | Dama xiif. | damaxi:f | |
| J'ai soif. | Dama mar. | damamar | |
| Je suis fatigué(e). | Dama sonn. | damasɔnn | |
| Bon matin | Jàmm nga fanaan? | Avez-vous passé(e) la nuit en paix ? | ɟa:mmn͜gafana:n |
| Oui, merci | Jàmm rekk, Alxamdulilaay | Paix seulement, grâce à Dieu | ɟa:mmrɛkkalxamdulila:j |
| Bon matin / Comment allez-vous ? (ce matin) | Naka suba si? | Comment va le matin ? | nakasubasi |
| Ça va bien. (ce matin) | Suba saa ngi nii (rekk). | Le matin est là (seulement). | subasa:n͜gini: |
| À tout à l'heure | Ba ci kanam | bacikanam | |
| À la prochaine | Ba beneen (yoon) | babɛnɛ:n | |
| Allez en paix. | Jàmm ag jàmm | Paix et paix | ɟa:mmakɟa:mm |
| J'ai assez mangé merci | Suur naa jërëjëf | su:rna:ɟərəɟəf | |
| Mon ami | Sama xarit | samaxarit | |
| Je voudrais manger du riz au poisson | Dama bëgg lekk ceebu jén | damabəgglɛkkcɛ:buɟen | |
| Je voudrais boire de l'eau | Dama bëgg naan ndox | damabəggna:n͜dɔx | |
| Demain | Suba | suba | |
| À demain | Ba suba | basuba | |
| Si Dieu le veut | Bu soobee Yàlla | busɔ:bɛja:lla | |
| Je t'aime | Nob na la ou Da ma la nob | nɔpnala ou damalanɔp | |
| Laissez moi | Bàyyi ma | ba:jjima | |
| Pardonne moi, excuse moi | Baal ma | ba:lma | |
| C'est quoi ça ? | Li Lan la? | lilanla |
Extrait de Wikipédia
08 novembre 2008
Le sacrifice de la Reine POKOU
Née au début du XVIIIe siècle, Abla Pokou était la nièce du grand roi Ossei Tutu, fondateur de la puissante
confédération Ashanti du Ghana. A la mort du roi, en vertu de la succession matrilinéaire, son neveu lui succéda sur la trône. Mais à son décès une guerre de succession s’ouvrit entre Dakon, le second frère de Pokou, héritier désigné et un vieil oncle, issu d’une branche collatérale de Iza, famille régnante. Chacun voulait diriger cette tribu prospère qui savait cultiver la terre, fondre le bronze, fabriquer des ornements d’or et sculpter des masques d’ébène.
A l’issue d’une lutte fratricide qui déchira Koumassi, la capitale du royaume, Dakon fut tué. Pokou compris aussitôt quel sort attendait les partisans de son défunt frère qui s’étaient regroupés autour d’elle. Les cases incendiées, les champs saccagés, les biens spoliés lui indiquèrent qu’il ne restait plus que l’exode pour éviter le massacre. Lorsque son époux fut assassiné à son tour, elle réunit des familles nobles et vassales ainsi que leurs serviteurs et décida de quitter Koumassi la nuit venue pour fuir vers le nord-ouest, accompagnée d’une garde de soldats fidèles.
Sous la conduite de leur reine, les fugitifs marchèrent nuit et jour à travers la forêt, haletants, épuisés. A peine s’arrêtaient –ils pour se reposer, à peine prenaient-ils le temps d’enterrer leurs morts et de tuer quelque gibier pour se nourrir, qu’ils devaient repartir, talonnés par les troupes lancées à leur poursuite.
Harassés, ils arrivèrent enfin devant un fleuve mugissant qui les glaça d’effroi : la Comoé, barrière naturelle entre le Ghana de leurs ancêtres et leur nouvelle terre d’exil, la Côte d’Ivoire. Mais le fleuve, gonflé par les pluies récentes de l’hivernage, était impraticable. Sous la violence des courants, les pirogues des villages de pêcheurs voisins s’étaient fracassées, empêchant toute traversée. Et l’ennemi était là, tout proche, annoncé par le tam-tam parleur.
Levant les bras vers le fleuve, la reine se tourna vers son devin, gardien des traditions sacrées, et lui ordonna de consulter les oracles : « dis-nous ce que demande le génie de ce fleuve pour nous laisser passer !» Le vieil homme parla: «Reine, le génie de ce fleuve est irrité. Il ne s’apaisera que lorsque nous lui aurons donné en offrande ce que nous avons de plus cher.» Les femmes tendirent leurs parures d’or et d’ivoire. Les hommes avancèrent leur leurs taureaux. Mais le sorcier les repoussa du pied : « Ce que nous avons de plus cher dit-il ce sont nos fils ! » Toutes les mères frémirent.
Pourtant, les femmes Ashanti savaient qu’en certaines circonstances les dieux exigeaient la mort d’un enfant. Parfois, il leur était même interdit de pleurer cet enfant sous peine de voir la colère des dieux s’abattre sur la tribu entière. Et lorsque les esprits des ancêtres parlaient par la bouche du sorcier, quel cours avaient les mortels ? Pas un volontaire ne sortit de la foule atterrée.
Alors Pokou s’avança au bord du fleuve. Elle détacha l’enfant qu’elle portait au dos et le couvrit de bijoux étalés ça et là. « Kouakou, mon unique enfant ! j’ ai compris qu’il faut que je donne mon fils pour la survie de cette tribu. Une reine n’est –elle jamais que reine et non femme, ni mère !» Pokou éleva l’enfant au dessus d’elle pour le contempler une dernière fois et le précipita dans les flots en se détournant.
En quelques instants les flots de la Comoé s’apaisèrent et la tribu passa. Par quel miracle ?on ne sait trop. Selon les anciens, un immense fromager situé sur l’autre rive courba son tronc entre les deux berges du fleuve pour offrir un pont aux gens de Pokou. Pour d’autres, d’énormes hippopotames vinrent docilement se ranger flanc contre flanc
, offrant leur dos luisants aux milles pieds de la tribu en fuite.
Lorsque le dernier des exilés eut gagné l’autre rive, le fromager se releva et le fleuve reprit son bouillonnement. Mais face à l’explosion de liesse qui salua cette victoire sur l’ennemi, la reine ne pu que murmurer un sanglot : « Ba ou li.», Ce qui signifie : « l’enfant est mort. » En reconnaissance, les chefs de clans décidèrent alors de rebaptiser leur ethnie du nom de Baoulé.
Après avoir sillonné la nouvelle contrée à la recherche d’une terre fertile, la tribu s’installa dans la région de Bandama. Et lorsqu’il fallut célébrer ce nouveau foyer, les anciens décidèrent de commencer par les funérailles de l’enfant de Pokou. C’est ainsi que le berceau du peuple baoulé reçut le nom de « Sakassou » , le lieu de funérailles.
Après avoir régné durant de longues années, la reine Pokou s’éteignit vers 1760.
Auteur: Sylvia Serbin





